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Mois : juin 2017

Journal de séjour #27 – Xi’an via une pagode et le quartier musulman

Journal de séjour #27 – Xi’an via une pagode et le quartier musulman

Nous consacrons cette journée à la visite de la ville de Xi’an. Nous avons quelques pistes et décidons de prendre notre temps. Nous sommes là encore une journée. Nous commençons donc par une grasse mâtinée. Nous prenons le temps pour un bon petit-déjeuner, pain frit, gruau de maïs et beignet de rillettes.


Première étape, la grande pagode de l’oie sauvage. Nous n’avons aucune idée de l’origine de ce nom. Tout ce que nous savons, c’est qu’il existe aussi la petite pagode de l’oie sauvage et c’est ce qui nous a valu de nous tromper pour l’hôtel le premier jour. Il est à côté de la petite, pas de la grande. Dans l’idée que je m’en suis faite via la carte de la ville et des commentaires vus sur Internet, j’imaginais une belle pagode au centre d’un jardin et nous pouvions y monter. Dans les faits, ça commençait comme un beau jardin, nous voyons apparaître le sommet de la pagode, puis nous nous sommes retrouvés face à un mur. Nous le longeons et ne trouvons aucune porte. Il y a pleins de petits stands tout autour et notamment un stand d’informations pour les touristes. Après demande, nous nous dirigeons au sud du mur où se trouvent l’entrée et les guichets. Il est d’ailleurs spécifié que la montée de la pagode est soumise à un ticket supplémentaire à l’intérieur. À se demander ce que nous allons trouver derrière ces murs.


En lieu et place du jardin imaginé, nous nous retrouvons devant un complexe de bâtiments créant un haut-lieu du bouddhisme. Chaque salle est dédiée à une divinité. Malheureusement, nous ne pouvions pas faire de photos par respect pour les croyants. Seuls les extérieurs seront présents. Selon le dieu représenté, la sculpture sera à la feuille d’or ou en jade. Tout est sculpté avec force détails et d’une finesse impressionnante.

 


Devant le hall de Bouddha, une grande vasque contient des bâtons d’encens. C’est l’occasion de faire une petite prière ou du moins d’avoir une pensée personnelle (de temps en temps, ça fait pas de mal). On achète l’encens d’un côté, on l’allume de l’autre, puis petites courbettes encens en main devant Bouddha et même vers les autres points cardinaux, enfin on plante le bâton dans la cendre.


Tout se passe à l’ombre de la grande pagode. Le vent joue avec les carillons au bout des toitures. C’est un bel endroit. Nous en faisons le tour, un autre bâtiment se dresse. Des immenses panneaux de bois sculptés racontent l’histoire de Maître Xuanzang (VIIe siècle), un moine chinois qui serait allé en Inde pour parfaire sa connaissance du bouddhisme au point de devenir un sage incontesté.

Nous descendons vers un sous-sol qui est en fait une sorte de boutique un peu spéciale. On nous explique qu’en Chine, on allie les croyances bouddhistes à l’horoscope animalier. Il y aurait donc une divinité associée à un animal du zodiaque. La boutique vend des amulettes à l’effigie des dieux protecteurs. Elles améliorent la chance de leur porteur. Forcément, nous nous prêtons au jeu. La dame nous demande l’année et le mois de naissance. Will commence : dragon de 1988 en décembre. Une bonne année semble-t-il. De toute façon les dragons sont généralement chanceux. Pour la couleur, il lui faudrait une amulette noire pour plus d’efficacité mais d’elle-même elle nous dit que c’est très cher (taillée dans une pierre précieuse noire) et lui sort le modèle en dessous en jade vert. À mon tour : cheval de 1990 en mai. Encore une bonne année (je me demande si elle peut vraiment tomber sur une mauvaise…). Apparemment j’ai un estomac en béton et j’apporte la chance à mes proches. Pour la couleur, le blanc me va mieux et ça tombe bien, c’est le standard en jade blanc. Ben voilà, nous avons nos souvenirs chinois ! Nous n’allions pas dire non à un boost de chance. A 100€ les deux amulettes, ça a intérêt à fonctionner. On se doute bien que c’est un attrape-touriste mais celle-ci valait le coup.


Sortant de là, il est temps d’aller manger. Nous y sommes quand même restés deux heures autour de cette pagode. Nous avions repéré un restaurant qui nous semblait pas mal. Nous pensions à de la fondue chinoise (il y avait des genres de marmites sur chaque table) et nous nous retrouvons à manger un barbecue coréen. Ça nous allait aussi même si c’était moins local. Nous avons quand même eu peur que ce fusse fermé. Tous les employés faisaient la sieste sur les bancs. Ben ça ne les a pas dérangés et on a bien mangé. Ce barbecue est une des raisons qui ne feront pas de moi une végétarienne.


Nous repartons nous reposer un peu à l’hôtel en attendant que la soirée avance. Nous en profitons pour prendre deux smoothies chez la glacière de la veille. Elle semble nous reconnaître et nous décidons d’y prendre tous nos futurs desserts. Après notre repos, nous nous avançons vers le quartier musulman de Xi’an qui est décrit comme immanquable et plus vivant donc en soirée.


Ça commence avec la tour de la cloche puis la tour du tambour. Les deux se visitent mais nous nous concentrons sur le quartier et ça vaut effectivement le détour. Ce sont des rues plus étroites où s’amassent la foule. On y trouve pleins de stands où se régaler : brochettes de poulpe ou d’agneau, kebab, bananes panées… Pour ce soir nous avons opté pour une brochette de poulpe épicée, une sorte de galette sèche aux graines de tournesol, une espèce de gâteau de semoule mais au riz et du fruit de jacquier. Parmi les attractions nous avons vu des fleurs en barbapapa, des glaces fumantes (plongées dans de l’azote liquide plutôt) et du yaourt étalé sur une plaque gelée (à la découpe, ça fait des rouleaux de glace en fait). Il y a aussi pleins de petites boutiques souvenirs sympa, des aquariums où on y plonge ses pieds (les poissons vous font un petit nettoyage), tout ça dans une bonne ambiance, emportés par la foule, etc. Ne vous formalisez pas du bruit, de la fumée (de cuisson) et des rares carcasses (bien découpées) ayant servies aux brochettes. C’est vraiment un quartier sympa et hypervivant.


Nous y repasserons sans doute demain, là on n’a plus de petite monnaie. Le temps de repartir, de reprendre un dessert glacé… Cette fois elle doit vraiment se demander si elle va bientôt se débarrasser de nous. Réellement ça la fait rire de nous revoir. Elle nous conseille même un smoothie mangue (super bon). Nous papotons comme on peut, entre bribes d’anglais et traducteurs. On en profite pour demander ce qu’est le parfum taro qu’on voit de temps en temps et qui nous retourne le cerveau (c’est violet le truc). Il s’agit d’un mélange sucré de pâte de riz et patate douce. Trop gentille, on lui promet de revenir demain. Un bon gros dodo nous attend.

Journal de séjour #26 – Terracotta warrior ou l’armée en terre cuite !

Journal de séjour #26 – Terracotta warrior ou l’armée en terre cuite !

Réveillés à 5h du matin par un couple qui se dispute dans le couloir. Enfin Delphine a tout entendu, moi je dormais comme un bienheureux (elle m’a réveillé donc). A priori la dispute a mal tourné, on entend une femme crier, du verre brisé. Bon il vaut mieux ne pas s’en mêler (vas appeler la police chinoise). Surtout qu’au moment où on constate le vacarme, le bruit a cessé. On se rendort une petite heure, puis on se prépare à y aller. La réservation comprenait un petit-déjeuner, on se rend à l’accueil, une dame pouffe de rire quand je le lui demande. Euh c’est pas une blague, on redemande à une autre fille de l’accueil, elle nous fait savoir qu’il n’y en a pas. Puis elle nous donne l’adresse d’un boui-boui. Non mais c’est une blague ! On s’en va, on prend le métro et à la sortie on passe au Starbucks (là où on était la veille). On se prend deux cafés et gâteaux le tout pour 13€ et ouais c’est pas cher.

On se rend vers la gare pour prendre le bus 306/ligne touristique 5 afin de se rendre à l’armée en terre cuite. On voit les fameux bus, on commence à avancer vers eux. Une femme avec un uniforme nous dit “Terracotta ??!” on répond “ Yes !!! » puis elle part on criant “Follow me ! Follow me ! » On s’approche, elle nous montre un bus où monter mais on n’a pas payé de tickets. Juste avant, un gars a essayé de me vendre des tickets du musée, je le snobe comme la fourmi snobe la cigale. Il est 9h30, on verra le paiement à l’arrivée. Pendant le trajet, la responsable commence à passer dans le couloir et fait payer le bus, on paiera finalement 16 yuan soit 2€10 pour nous deux. On arrive au site de l’armée en terre cuite, il est 10h40, ça en impose déjà avec la statue de l’empereur Qin Shihuang.

On se dirige vers la billetterie, on fait 10 mètres et on se fait harponner par une fille « vous cherchez un guide ? » « non, merci ». 10 mètres encore même scénario. Delphine est obligée de mentir comme le papa de Willy Wonka « on a déjà un guide ! » et on arrive à la billetterie. Delphine a en mémoire un prix (90 yuan), on demande deux tickets, le prix est de 150 yuan/personne… bon une petite augmentation de 50% normal. Il s’agit du prix haute saison en fait. L’autre était en basse saison.

On rentre enfin dans l’espace de visite. Le site mesure en tout 20000 m² et comporterait près de 8000 personnages et chevaux en terre cuite et 10000 armes de bronze. Et encore, c’est ce qui a pu être extrait, peut-être y en a-t-il encore d’autres ? On suit un petit chemin pour arriver à la vérification des billets et ça y est nous y sommes. On y trouve d’abord un musée avec des répliques d’artefacts retrouvés par les archéologues ainsi que deux chariots peints tractés par des chevaux de bronze. Ils devaient servir à l’empereur pour l’inspection du pays dans l’au-delà en tant que garde d’honneur. Ils étaient ensevelis avec d’autres chevaux et chariots funéraires sous un tertre de 3025m² à l’ouest de la tombe à 7,8 mètres de profondeur. Ils ont été découverts en 1980 et sont à l’échelle 1/2. A eux deux, ce sont 2302 kg de bronze dont 14 kg d’accessoires en or et argent.

Trois zones sont à voir : trois zones de fouilles différentes. On apprend alors que l’empereur souhaitait avoir une armée avec lui dans l’au-delà. Ce premier empereur de Chine n’a pas fait les choses à moitié. On retrouve alors des centaines de soldats, d’armes, de chevaux en terre cuite. Tous sont différents : en armement, en équipement et de visage également. Les salles sont plus ou moins vastes (la plus vaste étant la salle numéro 2). Ce sont les vrais terrains de fouille, ils continuent encore à travailler dessus. On remarque des bureaux d’étude non loin ou des salles de documentation. Il faut savoir que les découvertes sont très récentes – 1970 – et que les salles ont été découvertes avec plusieurs années de décalage. La découverte est due à un fermier qui voulait juste creuser un puits et il a découvert des vestiges… qu’en est-il de ses champs ? On n’en parle pas ^^ Sûrement saisis par l’État…

Nous continuons avec le site n°2, découvert en avril 1976. Il est en forme de L et couvre 6000 m², 124 mètres de long, 98 mètres de large et 5 mètres de profondeur. 4 types de forces militaires sont représentés : les archers, l’infanterie, la cavalerie et les chars de guerre. Chacune semble indépendante mais en cas d’attaque elles auraient pu former une vraie stratégie en un rien de temps. Excavation toujours en cours…

Le site principal se trouve juste à gauche. Il se tient à 1,5 kilomètre de la tombe de l’empereur. Ce sont les forces de défense principales de la capitale avant la mort de l’empereur. Il a été découvert en mars 1974 et mesure 230 mètres de long pour 62 mètres de large. 6000 soldats et chevaux y ont été retrouvés.

Le dernier site a été découvert en juin 1976. Il est en forme d’un U de 520 m², mesurant 28,8 mètres de long et 24,57 mètres de large pour une profondeur de 5,2-5,4 mètres. Il s’agissait du poste de commande de l’armée. Il a été très endommagé et on n’y a retrouvé que 68 personnages, un chariot et 34 armes de bronze.

Petite note concernant le business du musée. A chaque entrée on avait une boutique. Dans la salle des vestiges, une petite salle était présente et reprenait le concept des statues pour prendre la photo (100 yuan par personne, environ 13€). Pour un pays communiste, le tourisme capitaliste ça rapporte ! Ce n’est pas tout, loin de là ! En sortant il y a une sorte de grand village avec une sélection de toutes les marques de fastfood que nous connaissons bien : Macdo, Burger King, KFC, Häaghen-Dazs, et pleins de boui-boui, de magasins de vente de souvenirs. J’étais vraiment blasé de voir ça. On a des vestiges de plus de 2200 ans !!! Et à côté un festival de notre société de consommation ! Alors je ne dis pas non pour un endroit où se restaurer, mais là c’était vraiment limite…

On repart, on arrive tout juste à prendre une navette pour voir le tombeau du roi. Le bus est gratuit si on a le ticket d’entrée. On voyage une dizaine de minutes, on arrive à l’endroit prévu, on marche un petit moment et on arrive devant une stèle. On apprend par la suite que le tombeau est dans la colline juste derrière et qu’elle n’a pas était exhumée. Heureusement d’ailleurs. L’empereur était tellement fou qu’en plus des pièges probables dans la tombe, un gaz nocif serait présent à des quantités astronomiques. La tombe est devenue un piège mortel qu’il ne faut ouvrir sous aucun prétexte.

On repart vers 14h, on arrive à chopper le bus direction Xi’an. En fait c’est le conducteur du bus qui nous a harponnés pour nous ramener à Xi’an. Juste devant, un taxi nous demande de le choisir (euh 1h10 en taxi non merci). On prend le bus, on paye 20 yuan, environ 2,50€, et on patiente avant d’arriver en ville. Arrivés vers 15h, on a très très faim. On se prend le premier le restaurant qui vient. Macdonald’s ? Ah non, on va essayer le fastfood chinois : Mr Lee. On rentre, on regarde le menu, on voulait tout essayer. A la fin on a pris plusieurs petits trucs et on en a pas laissé une miette. C’était un vrai régal, même la boisson avec des haricots dedans.

Repus on rentre tranquillement. On passe à la supérette acheter des petites gourmandises pour titiller nos papilles et on rentre. Oui on rentre vers 17h. Ça nous laisse le temps de faire la lessive et de préparer nos prochaines journées. Le soir nous n’avons eu envie que d’une petite glace. Ça tombe bien, nous avons repéré un glacier pas loin de l’hôtel. C’est plutôt un bar à smoothie mais nous essayons une glace avec des morceaux entiers de mangue. C’est trop bon !

Journal de séjour #25 – Quand la Corée du Sud n’était que la phase d’essai

Journal de séjour #25 – Quand la Corée du Sud n’était que la phase d’essai

Nous aurions pu mieux dormir… si de gros cahots n’avaient pas ponctué le voyage vers Xi’an. Will se voyait tomber à tout instant, moi j’avais peur que les sacs ne chutent. C’est donc un peu froissés que nous arrivons. En sortant de la gare nous pouvons apercevoir une grande porte, genre mur d’enceinte. Il y a sans doute quelques vestiges anciens par ici. Il me semble d’ailleurs que Xi’an a été pendant un temps une capitale du pays. Nous tenterons de voir cela par la suite. La priorité à 8h c’est surtout de trouver un endroit pour le petit-déjeuner. Petit arrêt quand même au bureau touristique. Pas de prospectus, pas de carte de la ville ni du métro… et les hôtesses ne font pas beaucoup d’efforts. À part pour indiquer le bus à prendre (et encore on ne sait pas où), elles ne parlent pas anglais. Nous partons à la débrouille, comme souvent depuis que nous sommes en Chine.


Le quartier a l’air plutôt chic et nous longeons des centres commerciaux. Ça sent l’occidentalisation par là… Gagné, Starbucks en vue ! La chambre ne sera pas prête avant 14h, c’est l’idéal pour patienter tout en ayant une connexion. Le wifi reste quand même un luxe. Il faut rentrer son numéro de téléphone, recevoir un code qui donnera accès au wifi. Sauf que ça ne marche pas avec nos numéros. Will arrive à soudoyer la vendeuse pour qu’elle utilise son numéro (pas beaucoup d’efforts, il lui a juste montré son portable avec la fenêtre d’affichage Wifi). Pour le pc, nous attendrons d’être à l’hôtel. Nous sirotons nos caramel macchiatto et latte noisette et nous régalons d’un croissant chocolat blanc et d’un muffin aux noix. Ils les chauffent les muffins au passage. Ça donne un côté sorti du four qui n’est pas pour me déplaire.


Nous passons le temps puis nous nous mettons en marche. Nous passons dans le centre commercial où s’alignent quelques marques bien connues : Adidas, H&M, Gap (à peine moins cher qu’en France)… Dans l’atrium, des soldes attirent Will. Il aurait bien besoin d’une chemise manches courtes. Celle qu’il trouve affiche 450 ¥ (50-60 €) et avec la remise 90 ¥ (un peu plus de 10€). Les réductions en Chine, ils font pas semblant.

(Ça, c’est juste pour traverser le carrefour.)

Il est temps de trouver l’hôtel. Nous avions fait le repérage sur Maps me et nous avions trouvé une carte du métro. Ça ne devrait pas être trop compliqué (là, un lol est de rigueur). Ce moment où ta carte de métro affiche plus de lignes que la machine d’achat des tickets. Je reprendrai l’artiste Oldelaf et sa “tristitude”, mélange de tristesse et solitude. L’itinéraire imaginé tombe à l’eau. Pas grave on va s’en tricoter un de toute pièce. Alors faut prendre là, faire un changement, partir de ce côté et marcher quelques mètres. Vendu ! Tout se passe bien sauf que ce sont quelques centaines de mètres de marche, avec les sacs. Nous apprendrons plus tard qu’ils mettent à jour les cartes de métro avant d’avoir fini la construction des lignes. Ben oui, quand tu sais qu’en moins d’un an c’est quasiment prêt (j’exagère à peine).


Nous approchons donc de l’hôtel qui est soit en construction soit envolé. Y a pas, c’est tout. Nous demandons dans un restaurant en montrant l’adresse chinoise donnée par Booking et le plan Maps me. On nous dit que le plan n’est pas bon. Pour l’adresse, on nous conseille carrément le taxi. Nous avions repéré un peu avant un hôtel de la même enseigne que le nôtre. Nous y allons à tout hasard. Moment épique une fois de plus. Nous montrons l’adresse chinoise, je demande à ce qu’elles cochent sur un plan de la ville (à disposition dans les hôtels donc). Elles préfèrent jouer avec le traducteur du téléphone. Dans l’ordre, nous comprenons qu’il faut prendre le métro, sortie C, qui se trouve à bout de la rue à gauche et qu’il faut sortir 2 arrêts plus loin. Ok mais dans quelle direction le métro ? Au bout de la rue à gauche. Non mais c’est quoi le nom de l’arrêt ? Elle nous donne celui du départ. Où descendons-nous ? Dans 2 arrêts. Oui mais quelle direction ? Au bout de la rue à gauche. Ça a été un peu long… Pendant ce temps, Will bidouille sur le pc mis à disposition des clients, retrouve un plan (correct maintenant qu’on le connaît) du métro. Enfin nous avons la bonne sortie !
Nous repartons de moins en moins gaiement. Métro, sac à dos, pas dodo… Nous sortons, très bien, mais avec tout ça, on ne connaît toujours pas la direction exacte de l’hôtel (pourquoi n’a-t-elle pas coché cette foutue carte ?). On marche un peu et finissons pas demander à un agent. Il réfléchit, suées froides, et son visage s’illumine ! Au croisement à gauche. Chouette ! Suivant la direction, l’espoir s’amenuisant, nous scrutons toutes les enseignes. Et oui, ça y est on le voit !
Nous courons presque jusqu’au comptoir où Will montre l’adresse en demandant si c’est bien là. Oui, c’est bien ça ! Ben ça va, juste 3h de recherches. Nous remplissons les formalités, la clé, xié xié (merci), nous nous installons enfin. Hôtel classique, rien à redire, c’est propre. Nous allons pouvoir nous reposer un peu. Il est 16h quand nous trouvons un petit restaurant pas loin de l’hôtel. Au menu, soupes de nouilles/bœuf épicée et de raviolis. Délicieux, nous sommes bien récompensés de nos efforts. Pour la fin de la journée, nous préférons rester tranquilles. Une bonne douche, une petite lessive et de quoi panser nos pieds endoloris. Je pense que nous allons dormir tôt ce soir.

Journal de séjour #24 – Temple du Ciel et train couchette

Journal de séjour #24 – Temple du Ciel et train couchette

De nouveau levés tôt. Nous préparons nos affaires pour le départ et allons prendre notre petit-déjeuner au restaurant de la veille. Au menu, bouchées vapeur. Les habitants du quartier ont tous l’air de manger ça le matin. C’est super bon mais il faut être habitués à manger salé dès le réveil.


Dernière visite du jour, le Temple du Ciel. Il n’est pas très éloigné, nous prendrons quand même le métro pour le timing et la chaleur déjà présente à 8h. Comme pour le Palais d’été, il y a un billet entrée simple et un billet visite complète. Cette fois nous prenons la visite complète.
Le temple est également un immense jardin de 273 hectares où s’élève quelques bâtiments de type temple bâtis en 1420. C’est-à-dire que les empereurs y venaient pour effectuer des cérémonies religieuses, à coup de sacrifices, pour des dates ou des événements importants, des fois même juste pour faire tomber la pluie. Chaque bâtiment a donc une fonction dans le rite. L’un d’entre eux servait de résidence à l’empereur le temps de se purifier avant les rites.

Arrivés par l’entrée nord, nous commençons par le joyau de ce temple : le Hall des Prières pour de bonnes Récoltes (rien que ça). 38,2 mètres de haut, 24,2 mètres de diamètre, il est soutenu par des piliers qui représentent les 4 saisons, les 12 mois de l’année, les 12 heures du jour et celles de la nuit et toutes les constellations.

Une annexe au temple présente les diverses étapes d’un sacrifice type. Même mode d’emploi depuis le 26e siècle avant J.-C. semble-t-il. Tout d’abord il faut choisir les animaux à sacrifier. Ensuite une série de danses sacrées sont effectuées. Les sacrifices sont inspectés. Une lecture, genre prière sans doute, est faite. L’empereur passe d’un bâtiment à un autre. Après sa purification, il allume à minuit la lampe de cérémonie, donnant ainsi l’heure. Il se rend à la salle des sacrifices et y sonne une cloche. On allume le bûcher et les tablettes des dieux sont apportées dans la salle. L’empereur se change puis appelle les Cieux avec une danse. Les sacrifices sont amenés au bûcher. Pendant ce temps, une musique particulière est jouée, de l’encens est brûlé pour prier les dieux et les ancêtres, du jade et de la soie sont offerts aux Cieux. Enfin, on verse de l’eau et du vin sur les sacrifices. Petite lecture avant de sacrifier à nouveau du vin. Les restes sacrifiés sont mis dans les torches autour du bûcher. L’empereur reste à regarder le tout brûler. Il est félicité par ses généraux et il termine par l’écriture de l’édit de la cérémonie racontant les détails du déroulement. Ici donc on y faisait plutôt les prières.


L’architecture du temple a changé à travers les siècles mais c’est cette forme datant de 1751 qui est restée jusqu’à aujourd’hui. De forme rectangulaire au départ, il était appelé le Hall des Rituels sacrificiels et on y priait les Cieux et la Terre. Reconstruit en 1545, il s’agissait d’une salle ronde à trois toits couverts de tuiles bleues, vertes et jaunes représentant les Cieux, la Terre et le monde mortel. Il fut renommé le grand Hall pour Offrir des Sacrifices. Voici les maquettes des précédents bâtiments.

La Voûte impériale des Cieux suit de près. Bâtie en 1530, elle fut d’abord appelé le Hall pour Apaiser les Dieux. On y entrepose les tablettes divines. 19,5 mètres de haut et 15,6 mètres de diamètre et au plafond un dragon sculpté joue avec sa perle.

On termine avec le Tertre circulaire où sont exécutés les sacrifices. La terrasse était couverte dans un premier temps de dalles d’un bleu profond puis cela a changé pour des dalles de pierre verte et elle est entourée d’une balustrade en marbre en 1749. Les dalles, les marches et les piliers de la balustrade vont toujours par 9 ou par multiple de 9, nombre de strates des Cieux. La Pierre centrale des Cieux (la dalle au centre donc) sert à parler aux dieux. Si on s’y place dessus, notre voix est plus résonnante.


Enfin, le reste du jardin réserve quelques surprises. Des joueurs de diabolo, groupes de tai-chi, une chorale, on y trouve pleins d’activités. Will est invité à une partie de tianze, un sport entre le badminton et le foot. L’idée c’est de former un cercle et de se passer un énorme volant à coups de pieds. Aussi populaire à son époque que l’est le football aujourd’hui. Nous repartons de là avec trois volants colorés (moyennant finances d’ailleurs). (Léger beug pour les photos, j’essaierai de vous les retrouver. Je n’ai plus que le diabolo.)


Retour à l’auberge, une petite douche et nous libérons la chambre. Nous laissons les sacs à l’accueil car nous avons encore un peu de temps, le train n’est qu’à 18h50. Nous passons à la Poste pour envoyer les souvenirs achetés en Corée du Sud (pas eu le temps là-bas). Les cartes postales, ça passe tout seul. Les lettres aussi. Le colis de babioles… un peu moins. Les gâteaux secs destinés aux parents doivent rester avec nous. Ce ne sont pas des produits alimentaires chinois donc ça ne part pas (on essaiera au Vietnam). Le reste, ça peut aller mais on a senti leur curiosité vis-à-vis des produits coréens. Elles nous préparent un joli carton et empaquettent ça… à la chinoise. Ça a l’air bancal (beaucoup de scotch) mais c’est totalement sécurisé. Toujours dans l’économie, nous choisissons de le faire voyager par bateau. Théoriquement, le colis arrivera quand nous serons dans le Pacifique. Si on y pense, on vous donnera des nouvelles. Je donne pleins d’infos, écris trois fois l’adresse de livraison et même mon passeport est fiché.

Enfin nous nous acquittons de la taxe et nous repartons. Nous ne pensions pas y rester si longtemps, la faim nous tiraillait depuis un moment déjà. Nous prenons un restaurant aux allures de cantine rapide. Will s’est régalé avec son bœuf, j’ai été plus dubitative avec mes nouilles. C’était pas marqué que c’était pimenté (oui je suis habituée mais quand même).


Nous terminons avec une phase de shopping et juste pour un t-shirt c’est quelque chose. Une fois, le produit trouvé, on ne voit que des XL et plus. Nous demandons à une vendeuse ma taille. Un XL chinois, très flatteur mais ok. Elle nous donne un ticket pour aller payer. Nous nous dirigeons en caisse, sans le T-shirt donc. Nous payons, nous avons le reçu que nous rendons à la vendeuse à l’autre bout du magasin qui nous rend le t-shirt dans un sac (et encore a-t-elle failli se tromper de sac). Voilà, c’était une anecdote au passage.
Nous récupérons nos valises, au revoir et merci à l’hôtesse (elle a dû en avoir marre avec toutes nos questions), métro et gare. C’est quelque chose là encore. Nous sortons du métro, non pas dans la gare mais devant. Nous avions le choix entre les entrées nord et sud, nous avons pris la première qui venait (nord pour la précision). Des files d’attente à l’extérieur vers un premier poste de contrôle billet/passeport, puis un second poste de contrôle des bagages cette fois. Nous montons l’escalator et voyons le panneau d’affichage. Notre train est au n°5. Ne lisant pas le chinois on en déduit que c’est la voie. Eh bien, il s’agit en fait de la salle d’attente n°5. Un portillon nous sépare de deux accès aux voies. Deux trains sont présentés à chaque fois. C’est comme à l’aéroport, on se présente devant la porte d’embarquement avec notre billet qui est contrôlé à ce moment. Le temps d’un dernier selfie avec un curieux…


Nous patientons jusqu’à ce que notre train soit annoncé. Nous nous massons avec la foule (on commence à s’habituer), nous jouons des coudes et passons l’enregistrement. Il faut bien penser à regarder la voie avant. Le couloir mène à plusieurs d’entre elles et ça n’est plus qu’indiqué qu’en chinois à ce stade. Au pire, suivre la foule. Les voitures sont suffisamment bien indiquées et le numéro de couchette correspond à un ensemble de trois couchettes. Il n’y a plus qu’à se souvenir si on a réservé en bas, au milieu ou en haut.


Je me souvenais du standing des trains chinois. Pas beaucoup d’intimité, il n’y a pas de porte pour les compartiments. Plus convivial d’un autre côté. Je les trouve moins sombres et moins glauques que les trains français. Cela dit ça fait un bon moment que je n’ai plus vu de train de nuit en France. Pour la sécurité par contre, c’est plus sommaire : petite échelle et minuscule barrière anti-chute. Je ne bouge pas dans mon sommeil. Will balise à mort en revanche. Les places du haut étaient moins chères… Oui je suis en mode radin depuis le début du voyage. Mais j’aurais très bien pu prendre la troisième classe qui ne propose que des sièges pseudo-inclinables (en fait même pas) ! Je pense un peu à notre confort quand même. Après tout nous partons pour 12h de voyage…

Cité Interdite et Palais d’été – histoire

Cité Interdite et Palais d’été – histoire

Parmi les merveilles de Pékin, la Cité Interdite en reste la maîtresse incontestée. Symbole de la force des empereurs passés, elle reste aujourd’hui un des hauts-lieux touristique de la Chine. Deux dynasties y ont régné : les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911). Sa construction a commencé en 1407, 5e année de règne de l’empereur Yongle, et s’est terminée en 1420. Sur les 780000m² qu’occupe le palais, les bâtiments n’en occupent que 167000m². On y compte 8700 pièces, entourées de murs de 10 mètres de haut et de douves de 52 mètres de profondeur. Deux parties sont bien distinctes dans le palais : la cour extérieure où l’empereur célébrait les grandes cérémonies et la cour intérieure consacrée à la vie de famille et aux affaires quotidiennes. Dans une annexe à l’est, nous retrouvons les appartements des princes et le palais de retraite de l’empereur une fois déchargé de ses fonctions. L’annexe à l’ouest est réservée à l’impératrice douairière. En tout, 24 empereurs y ont séjourné. Lorsque la Révolution Xinhai a destitué les Qing de la royauté en 1911, le palais perdit son sens en tant que symbole de pouvoir. Le dernier empereur Puyi et sa famille continuèrent de vivre dans la cour intérieure. La cour extérieur a été transformée en musée et ouverte au public en 1914. En 1924 l’empereur déménage et en 1925 c’est la cour intérieure qui se transforme en musée. C’est en 1987 que la Cité Interdite intègre le patrimoine mondial de l’Unesco. Ce qui suit est donc la porte d’entrée vers la cour intérieure, elle se trouve bien après la porte qui donne sur Tien An Men.

Avant d’arriver jusqu’aux pièces principales de la cour intérieure, il faut encore atteindre la Porte de l’Harmonie suprême. Pour cela, nous traversons un petit pont.

Tout ce chemin pour arriver au Hall de l’Harmonie suprême, autrement dit la salle des grandes cérémonies en tout genre. Construite en 1420, elle portait le nom de Hall des Cieux vénérés. En 1562, pendant le règne de l’empereur Jiajing, elle fut rebaptisée Hall de la Suprématie impériale et en 1645, elle prend son nom actuel sous la houlette de l’empereur Shunzhi. Il s’est inspiré d’un ancien livre de divination (Livre des Changements) se référant à l’harmonieuse coexistence de tous les êtres dans les cieux et sur la terre. Parmi les célébrations qui s’y tenaient, on trouve la nouvelle année, le solstice d’hiver, l’anniversaire de l’empereur, les couronnements, les mariages impériaux, les annonces des nouveaux diplômés et les annonces militaires majeures. Pour l’architecture, le Hall se tient sur trois terrasses de marbre, atteignant 26,92 mètres de haut et s’étalant sur 2377m². D’un point de vue décoratif, c’est le plus chargé en motifs. Un trône laqué en or aux motifs de dragons se tient en son centre. Six colonnes l’entourent, chacune surmontée d’un dragon d’or. Un dernier dragon se tient au plafond, une perle entre les crocs. Il a dû être reconstruit plusieurs fois à cause d’incendies, cette version date quand même de 1695.

En parlant d’incendies, petit aparté pour vous montrer le moyen de contrer cette calamité à l’époque. Remplies d’eau chaque année, de grandes vasques de fer étaient disséminés à travers tout le palais. Elles étaient enveloppées dans du coton et recouverte d’un couvercle contre l’évaporation. Un feu pouvait être allumé en dessous pour éviter le gel. Celles datant de la dynastie Ming sont reconnaissables pour leurs anneaux sur les côtés et une forme plus évasée en haut, celles de la dynastie Qing par des masques d’animaux en décoration et une partie plus serrée en son centre. Il en reste 308 à ce jour.

Le Hall de l’Harmonie centrale servait à l’empereur pour recevoir les hommages des officiels en charge de préparer les cérémonies. Cela se passait avant d’entrer dans le Hall de l’Harmonie suprême. Bâti en 1420, il fut baptisé le Hall de la splendide Canopée, puis en 1562 ce fut le Hall de la Suprématie centrale et nous connaissons la suite en 1645. Cela vient du Livre des Rites cette fois, en référence à une conduite impartiale et juste à garder dans chaque situation. La veille de chaque sacrifice, l’empereur répète les gestes et les rites.

Enfin, le Hall de l’Harmonie préservée se tient juste derrière. Terminé également en 1420, Ce fut d’abord le Hall de la Conduite scrupuleuse, puis le Hall de la Suprématie établie. Pour son nom actuel, on reprend le Livre des Changements pour simplement référer au maintien de l’harmonie entre chaque chose. Les empereurs de la dynastie Ming s’y changeaient avant les grandes cérémonies. Les empereurs Qing y servaient des banquets pour les grandes occasions. Deux empereurs ont dû en faire leur quartier au moment de la rénovation des bâtiments de la cour intérieure au début de l’ère Qing : Shunzhi et Kangxi. Le premier dut même y faire son mariage. (Pas de photo malheureusement, trop de monde.) Il est temps d’aller vers la cour intérieure.

Premier arrêt au Palais de la Pureté céleste. Il a été rebâti en 1798. Jusqu’en 1722, il servait comme résidence où les empereurs vivaient et réglaient leurs affaires. L’empereur Yongzheng changea sa chambre à coucher vers le Hall de l’Élévation mentale (j’adore les traductions de traduction). Mais son successeur l’empereur Qianlong rétablit la tradition. C’était également l’endroit où l’on entreposait dans un premier temps le cercueil de l’empereur car il devait « finir ses jours dans sa chambre ». Derrière le trône, une boîte contenait le nom du successeur à la couronne. L’empereur le choisissait en secret, écrivait son nom pour le placer dans la boîte et à sa mort le nom était découvert par tous.

Le Hall de l’Union, précédemment appelé le Hall de la Perfection centrale, a gardé son nom depuis 1535. Toujours d’après le Livre des Changements, cela reprend l’union des cieux et de la terre entre le yin et le yang. Cette salle est idéalement placée entre le Palais de la Pureté céleste et le Palais de la Tranquillité terrestre. La décoration est proche du Hall de l’Harmonie centrale. A gauche, on peut y retrouver un clepsydre (une horloge à eau) et à droite une horloge à cloche. Pendant la dynastie Qing, les impératrices y recevaient des hommages pour leurs anniversaires, le premier jour de la nouvelle année lunaire et au solstice d’hiver. En 1738, cette salle a même servi d’entrepôt aux 25 sceaux impériaux qui représentaient le pouvoir.

Enfin, le Palais de la Tranquillité céleste servait de résidence aux impératrices de la dynastie Ming, en réponse au Palais de la Pureté céleste, résidence des empereurs. Il est dit que les cieux représentent la sagesse noble et la terre l’indulgence. Il a été rebâti en 1655 en imitant le Palais de la pure Tranquillité de Shenyang. Il est décoré à la mode Mandchoue. Les allées du côté est ont servi de chambre maritale et certains empereur y ont célébré leurs mariages. Les allées de l’ouest servaient à des sacrifices chamaniques. (Pas de photo à nouveau, trop de monde).

Nous terminons avec un magnifique jardin où se tient le Hall de la Paix impériale. En 1535 il est séparé du reste du palais par de hauts murs. Il servait plutôt de lieu de culte et longtemps ce sont des eunuques taoïstes qui entretenaient les lieux.

C’était la visite courte de la Cité Interdite. Sincèrement il faudrait une journée entière pour visiter l’ensemble des bâtiments sur les côtés qui renferment sans doute des expositions. Petite photo de la vue en sortant du palais par le nord, il y a encore un grand espace à visiter par là.

Passons maintenant au Palais d’été qui est plus un jardin qu’autre chose. Un petit jardin sur 290 hectares… Il est ceint de deux collines : la Colline de l’Ouest et la Colline du Printemps de Jade. Au nord, la Colline de la Longévité abrite des palais et des temples au cœur d’une forêt de pins et cyprès. Le palais est constitué de salles, pavillons, corridors et de tours, décorés de pierres fines et de sculptures de bronze. La Tour de l’Encens bouddhiste (ou de la Rage bouddhiste, je ne sais quelle traduction adopter, la deuxième est plus drôle avouez) se tient haut sur la colline et fait face au lac Kunming. Ce lac couvre d’ailleurs les trois-quarts du Palais et comporte une allée imitant Su Dyke à Hangzhou et trois îles reprenant les trois îles célestes dans la Mer de Chine.

Nommé à l’origine le Jardin aux claires Ondulations, le Palais d’été a été construit par l’empereur Qianlong en 1750 pour l’anniversaire de sa mère (joli cadeau). Ça n’est que plus tard qu’il a été utilisé comme lieu de villégiature pour les empereurs et impératrices. En 1860, il fut brûlé par les Forces Alliées Franco-anglaises (ce moment où tu as honte de ton passé). L’impératrice douairière Cixi utilisa les fonds de la marine pour le rebâtir en 1886. Rebelote en 1900 avec les Forces Alliées des Huit Pouvoirs, reconstruction en 1902. Ce n’est qu’en 1924 qu’il est ouvert au public qui n’avait jamais pu le voir avant. L’Unesco mit la main dessus en 1998.

Après les portails d’entrée, on trouve le Hall de la Bienveillance et de la Longévité où l’impératrice Cixi (oui ça se prononce presque comme une certaine altesse austro-hongroise) et l’empereur Guangxu tenaient leur cour et s’occupaient des affaires d’état. Le dragon représente l’empereur, le phénix l’impératrice.

En bifurquant à gauche, on peut trouver le Pavillon du Printemps annoncé. Rien de spécial mais c’est super joli. Dix ans après je retrouve un calligraphe d’eau au même endroit. Il s’agit d’un bonhomme muni de pinceaux géants reliés à des bouteilles d’eau et s’exerçant à la calligraphie ou au dessin sur les pavés. C’est juste énorme !

En suivant le bord du lac sur la droite, on trouve plusieurs halls ayant servis aux appartements de l’impératrice Cixi.

On entre ensuite par la Porte de la Lune pour traverser le Long Couloir. 738 mètres de long, 14000 peintures au plafond, il porte bien son nom.

Plus haut, nous pouvons apercevoir la Tour de la Fragrance du Bouddha.

Le couloir se termine sur le bateau de pierre, construit comme symbole de la force de l’empire.

Voilà le parcours en 1h30 en profitant du paysage. Il faudrait encore une journée pour tout voir et apprécier au mieux ce lieu magnifique qu’est le Palais d’été.

Journal de séjour #23 – Je n’y avais même pas pris rdv il y a 10 ans

Journal de séjour #23 – Je n’y avais même pas pris rdv il y a 10 ans

Réveil à l’aube… enfin presque. Une journée chargée nous attend : Cité Interdite et Palais d’été. J’espère pouvoir compter un peu sur mes souvenirs pour nous diriger mais dix ans après… Déjà que je ne me souviens pas de ce que je mange la veille. L’idée est de commencer par la Cité Interdite dès son ouverture à 8h30.
Premier arrêt : McDonald’s ! Il nous faut un petit déjeuner et la cuisine de l’auberge est fermée pour rénovation. Nous ne nous sentons pas encore de prendre un repas chinois dès le réveil. Il existe beaucoup plus de formules petit-déjeuner qu’en France. La base reste la même : pain, œuf, bacon, déclinée sous plusieurs sortes : assiette, sandwich, wrap… Will a pris un café (dégueulasse) et j’ai eu droit à du lait. Je ne sais de quel animal (ou plante ?) il a été tiré mais c’était pas mal.


Nous avançons donc vers la Cité Interdite, à pied puisque ce n’est pas si loin. Vers Tien An Men nous passons par le métro pour aller sur la place (1e contrôle de police), nous suivons les barrières jusqu’au 2e contrôle. La file d’attente est nettement plus longue qu’hier soir. Puis nous traversons la grande place. Nous devons prendre un nouveau souterrain pour arriver au palais. La foule se densifie et se tasse. Nous devions y retrouver Aline et Clément mais avec tous ces contrôles nous arrivons en retard et nous ne les voyons pas… Nous nous faisons une raison et nous continuons. Nous passons le portail mais ce n’est pas encore fini. Nous devons avancer dans la première enceinte pour acheter nos tickets. Au guichet, on nous demande les passeports (pourquoi pas ?). Encore un dernier contrôle et nous nous trouvons enfin dans la Cité. Heureusement qu’elle ouvre à 8h30, il est 9h30 quand nous commençons la visite. D’autant que le soleil est déjà haut dans le ciel et ça cogne.


Nous ferons le récapitulatif historique dans un autre article. Pour notre impression, nous sommes heureux de visiter ce haut-lieu de la Chine. Notre visite a été un peu écourtée pour autant à cause de la foule, présente de partout. Avec la chaleur ambiante, ça ne donnait pas envie de s’attarder. Mon souvenir avait occulté cet aspect. Pour vous donner une idée, il est impossible de prendre le trône ou quelque pièce en photo. Les Chinois se massent au niveau de la barrière, il faut jouer des coudes (littéralement) pour y arriver et espérer voir à l’intérieur du bâtiment. Pour la photo, on ne prend pas le temps de cadrer, peu importe si une tête, une main ou un smartphone apparaît. Il y en a un qui a quand même pris la peine de poser son coude sur ma tête, histoire de mieux cadrer sa photo. Et sortir de là est assez éprouvant, il faut nager à contre-courant de la foule, sans perdre ses lunettes, son appareil photo ou ses pieds au passage.


Heureusement la majesté des lieux nous fait un peu oublier ce désagrément. Les tuiles jaunes resplendissent au soleil comme de l’or. Les peintures sont superbes et le nombre de cours montre la puissance des empereurs. N’importe quelle personne invitée à rentrer dans le palais devait être éblouie et se sentir insignifiante.
Nous en ressortons presque déboussolés de retrouver la ville. Nous repartons vers l’auberge pour nous poser un peu. Le souci avec la visite c’est qu’on entre par le sud du palais et on en ressort par le nord. Nous devons donc faire tout le tour par la ville, puis longer à nouveau Tien An Men et descendre les rues commerçantes. Nous avons pris un beignet en route pour tenir.


Nous soufflons enfin. Le temps de me tailler un short, de nous reposer un peu, de faire quelques courses (nous ne faisons que boire depuis notre arrivée) et nous repartons pour le Palais d’été. Cette fois, il faut prendre le métro. C’est en plein nord-ouest de la ville. J’en profite pour faire une petite sieste sur l’épaule de Will (je crois que j’ai bavé un peu ><). Nous sommes un peu perdus à la sortie du métro car rien n’indique où aller. Malgré le tuck-tuck qui nous hèle depuis la route, nous décidons de nous en remettre à Maps me. Nous avançons le long du trottoir et après une petite marche nous arrivons au guichet.


Deux possibilités, nous pouvons prendre un billet d’entrée simple pour le libre accès aux jardins ou le billet complet (“through”) pour visiter les bâtiments disséminés dans le jardin. Comme ma mémoire ne m’aide pas (je ne sais décidément plus ce que j’y ai vu), nous décidons de prendre le billet d’ensemble. Mais il est déjà 15h30 et l’hôtesse nous fait comprendre qu’on n’aura jamais le temps (fermeture à 18h, je vous laisse imaginer la taille du truc). Va pour l’entrée simple. À peine rentrés, une femme s’avance vers nous “je suis guide assermentée, je vous fais la visite, seuls vous n’aurez pas le temps de tout voir, en 1h je suis la meilleure…”. Dur de la refouler, mais nous arrivons à lui faire comprendre que nous sommes pauvres, archipauvres. Nous arrivons à chopper une carte des lieux (10 yuan, bon ok elle est dessinée comme une carte à l’ancienne mais quand même) et nous nous avançons. Deuxième cours, deuxième gus “je suis guide, vous ne connaîtrez rien de l’endroit sans moi…” Je n’ai même pas le temps de me repérer. Nous le refoulons également et nous éloignons tranquillement pour regarder la carte. Ça y est je pense savoir où j’avais été il y a dix ans. Petit chemin de traverse et bingo ! Je retrouve le bord du lac, les bâtiments et les allées. Nous pouvons nous promener et flâner le long du corridor qui nous mène au bateau de pierre. Il avait été construit comme symbole de la dynastie. Il est dit que l’eau peut porter un navire mais aussi le faire sombrer. Ce bateau de pierre représente la dynastie comme immortelle et insubmersible… (Pour l’histoire d’ensemble, cela suivra avec celle de la Cité Interdite.)


Vous avez sans doute remarqué que je ne parle que de jardin alors que c’est censé être un palais. Il s’agit de la résidence de vacances des empereurs. Loin du faste de la Cité Interdite, ils préféreront un endroit plus cosy et champêtre dans ce jardin de plusieurs hectares. Il y a quand même des bâtiments à visiter et notamment une immense pagode.
Ça nous fait du bien de se promener au bord du lac. La chaleur se fait moins sentir sous les arbres et c’est un très bel endroit à visiter. Will en a préféré la quiétude à la foule de la Cité, surtout avec le souvenir de la Muraille dans nos jambes. Nous repartons jusqu’à notre quartier où nous trouvons un petit restaurant sympa. Nous y partageons un poulet kung pao et une petite bière pour nous rafraîchir. À l’auberge, il est temps de nous coucher, demain est notre dernier jour à Beijing et nous voulons quand même en profiter un peu.

Journal de séjour #22 – La grande muraille de Chine

Journal de séjour #22 – La grande muraille de Chine

La journée commence tôt à 6h30. On a eu quelques doutes sur la chambre, mais la fatigue a pris le dessus, du coup on a bien dormi. On se prépare rapidement et on part vers le point de rdv.

La ville se réveille elle aussi tout doucement. Il n’y a pas cette frénésie de la veille, avec tous ces vélos et motos électriques qui font des va et vient. Les petits commerçants préparent des petites bouchées à la vapeur sous un temps très couvert. On arrive à l’hôtel Leo, ce n’est pas du tout le même standing que notre hébergement. Eux ils ont un certificat de propreté, donc imaginez notre chambre… On rentre, on signale l’objet de notre venue, elle nous dit d’attendre sur le banc, on demande si on peut prendre le petit-déjeuner ici. Pour eux il n’y a pas de soucis et elle nous invite à rejoindre le bar-restaurant. L’endroit est beau, les chaises sont remplacées par les fauteuils des pousse-pousses avec les grandes roues et l’ambiance est chaleureuse (on n’a pas pu faire de photos, trop sombre par contre). On sent que c’est un petit bar/restaurant pour les jeunes. La TV montre un match de badminton et il y a plein de décorations sympas comme des drapeaux, autocollants, etc. On se dirige vers le bar, on commande deux cafés et le petit-déjeuner français, avec ses fameux ananas et pastèque, n’est-ce-pas ?

On se dirige vers l’accueil, on papote avec une Américaine qui nous raconte les visites qu’elle a faites en Chine. On a vraiment hâte de voir les mêmes lieux. On nous demande nos réservations, puis on se rend dans un bus à 21 places. On entend un couple parler français, sympas, on papote un peu, puis on grimpe dans le bus direction : The Great Wall ! (Il est 7h35) A savoir, avant que je ne commence à parler de la promenade de santé sur le mur, on est passés par notre auberge pour cette visite. Il faut le dire c’est un sacré business dans le coin. Là ils nous emmènent dans un coin pas du tout touristique car cette partie de la muraille n’est pas restaurée pour les touristes. Vous comprendrez mieux plus bas dans l’article, sur les photos on ne voit que notre groupe. 10h30 : arrivée à Badaling au pied d’une partie de la grande muraille de Chine. On arrive vers une grande entrée, le bus s’arrête et laisse monter Steeve, notre guide. Celui-ci nous invite à faire un dernier tour aux WC avant de commencer l’excursion, car il n’y a pas de toilettes une fois là-haut ! On profite tous de ce moment et on regrimpe dans le bus juste le temps d’arriver devant l’entrée de la muraille quelques centaines de mètres plus loin. A la descente du bus, il pleut… Le guide nous avise qu’une boutique juste à côté vend des combinaisons parapluie et nous propose même de garder nos affaires dans le bus. On préfère les garder, le sac contient de l’eau, l’appareil photo et de quoi grignoter.

On commence à monter des marches et on arrive sur une petite place. Notre guide nous explique qu’avant de monter sur la grande muraille il faut comprendre les circonstances de sa construction. Il n’a pas tort, je n’aurais pas apprécié l’ascension sans savoir les enjeux et les contextes de la construction. Il nous explique qu’à l’époque, pour protéger le pays des invasions mongoles, l’empereur offre au peuple un choix. Soit ils choisissent de participer à la construction de la grande muraille, soit ils se défendent sur le front (dans les deux cas, vous mourrez à un moment ou à un autre). Il faut savoir que les bâtisseurs n’étaient pas bien ravitaillés en eau et en nourriture, du coup ils mourraient à la tâche. Entre ça et les accidents nombreux, il faut compter environ 300 millions de morts. On raconte aussi que lorsque la muraille de Chine fut construite, les veuves sont venues y pleurer, n’ayant pas pu enterrer les corps de leurs maris (ensevelis directement sous les décombres). Elles auraient tellement pleuré que leurs larmes ont créé un déluge cassant une partie de la muraille et ils ont dû reconstruire plus solidement. Bon ça c’est la légende, en vrai ce sont sans doute la pluie et la neige les responsables. Le guide nous a aussi donné une autre version qu’on raconte dans son village (la version Steeve, comme il aime le dire). Pour la connaître je vous laisse faire le voyage jusqu’à la muraille de Chine avec ce guide (faut bien aider à faire marcher le business non ?) En connaissant toutes les histoires, on nous donne quelques indications. On en a pour 3h de marche aller-retour et l’objectif est de passer 7 tours de garde (objectif mais aussi le seuil à ne pas dépasser pour raison de sécurité). Et qu’il y a environ 3km à faire (juste l’aller).

On est gonflés à bloc ! On a de quoi boire, on a les protections pour la pluie (même pas eu besoin d’en acheter), de bonnes chaussures, on connaît le passé de la muraille, on est prêts à apprécier la marche. On commence, on atteint la première tour, on a une belle vue dans l’ensemble. On regarde le chemin qui s’ouvre à nous et on constate que ça grimpe un peu. La muraille a plusieurs particularités. D’abord on retient qu’elle épouse bien les formes de la chaîne de montagnes. Donc beaucoup de chemins qui montent et descendent. Deuxième particularité, les allées de la muraille se distinguent en deux parties. Il y a soit un chemin plat (plus ou moins cool en fonction de la montée ou de la descente), soit un chemin en escaliers, là c’est un autre niveau. La hauteur des marches peut être égale à un dé ou faire la taille de mon tibia. Et attendez là j’ai juste parlé de la hauteur, parce que la largeur des marches est aussi de plusieurs tailles. Alors quand c’est large en s’en fout mais quand la marche fait à peine un tiers de mon pied, on en parle ? Je le pose où, mon pied ? Obligé de monter en mode crabe. xD Quand tu sais tout ça, je peux te dire une chose : c’est chiant surtout quand tu commences à fatiguer. >< Enfin bon, la portion de la muraille n’était pas facile. La pluie plus ou moins présente et un brouillard à ne plus voir sur 5 mètres ne nous ont pas aidés. Voici quelques photos à l’aller 🙂

On arrive finalement à la 5e étape. On n’ira pas plus loin à cause du timing. On retrouve nos camarades de bus, on se félicite d’être arrivés là, on se prend une petite photo souvenir. On est à 1200 mètres d’altitude, on a marché 1h30 sous la pluie et on est contents de repartir en arrière.

En revenant sur nos pas, le cheminement n’est clairement pas le même. Pour moi, les descentes sont devenues une partie de plaisir. En revanche pour Delphine, on aurait dit un chat qui tente de descendre d’un arbre. On retrouve nos compatriotes français (dédicace à Aline et Clément) ! On papote ensemble jusqu’à la descente. On profite que le brouillard se lève ainsi que la pluie pour enfin pouvoir apprécier le paysage. En photo, vous n’avez que le quart de beauté du paysage. Imaginez, vous êtes à au moins 1000 mètres d’altitude, pas un seul bruit, la vision d’un paysage vaste, limite sans fin, et une sensation d’avoir accompli une chose dont vous avez toujours rêvé ! Si vous pouvez je vous conseille vraiment de faire la muraille de Chine. Rien que d’en parler je veux y retourner !!!

Après être revenus avec le reste du groupe, on est contents d’arriver au bus mais on est trempés jusqu’aux os. Je dis bien on ! Toutes les personnes étaient trempées. Moi, j’étais en nage, juste dégoûté de ne pas avoir pris de vêtements de rechange (et dire qu’on a plus de 2h de route). On part manger un bout, compris dans la visite. Sincèrement, je pensais manger un sandwich, on a eu un bon petit plat chaud. Trop bon ! On continue à papoter avec Aline et Clément et deux autres filles (étudiantes en Chine qui avaient hâte de rentrer en France ^^).

Repus, on rentre à Pékin. Dans le bus toujours papotage (le trajet est du coup passé très vite). On s’entend bien avec Aline et Clément et on décide de se retrouver le soir pour aller ensemble au marché nocturne et en profiter pour enfin goûter serpent, scorpion et autres curiosités locales ! Le temps d’une douche et d’enfiler des vêtements propres, on part pour le marché nocturne. On se retrouve, on arpente les rues et on arrive sur la place Tien An Men. On décide d’en profiter pour s’approcher de la Cité Interdite que nous voulons visiter demain. C’est le parcours du combattant pour y accéder. Il faut passer par plusieurs souterrains (celui du métro et d’autres qui servent à traverser les immenses routes), donc plusieurs contrôles de sécurité (scanner des sacs à dos) et faire plusieurs queues. C’est pire qu’accéder à la place des Terreaux pendant la fête des Lumières (Lyon). Enfin nous arrivons devant le palais et nous voyons une foule parquée derrière des barrières. Nous arrivons par hasard et pile à l’heure pour la descente du drapeau national à coup de marche militaire, très solennel avec un joli soleil couchant tout rose. Très intéressant à voir, je suis obligé de porter Delphine pour avoir quelques photos par-dessus la masse de Chinois (ça les a beaucoup amusés d’ailleurs). Le temps de repartir est venu, c’est ce qu’on devine quand un camion militaire commence à nous chasser… en roulant gentiment dans notre direction, histoire de pousser tout le monde vers la sortie.

On continue un peu plus loin pour arriver à un grand square ! Immense ça nous change de notre vieux Pékin ! Mais pas de traces du marché. On revient sur nos pas, on cherche, toujours rien. Pourtant sur nos cartes et applications nous y sommes. On demande à une personne dans la rue, il nous répond non, comme s’il ne voulait pas répondre… Bon on traverse une route, les filles ont la bonne idée de demander dans un hôtel. On nous annonce que le marché a fermé il y a un an… ça devait pas marcher ou un souci peut être :/

On repart blasés mais on va manger un plat dans un petit boui-boui. On se prend des plats de nouilles à la viande. Pour certains ça sera avec du gras et d’autre des os ^^ On mange quand même bien et pour pas cher !!! Vive la bouffe en Chine ! On se donne rdv le lendemain et on rentre se reposer de cette sacrée journée.

Journal de séjour #21 – De Charybde en Scylla

Journal de séjour #21 – De Charybde en Scylla

Levés aux aurores, nous nous préparons à partir. Départ pour Pékin en début d’aprem’. Nous avions repéré l’arrêt de la navette vers l’aéroport ainsi que les horaires. Ces arrêts sont même présents un peu partout en ville, c’est hyper pratique. Nous ne sommes pas pressés mais quand même la navette nous passe sous le nez…
Tant pis, le temps de retirer quelques espèces et nous revenons. Nous avons été hélés par trois taxis avant que la navette n’arrive. Une petite heure de route et nous sommes devant les panneaux d’affichage de l’aéroport d’Incheon. Impossible de trouver notre vol ! Nous vérifions sur le mail, la date est bonne. Nous avons l’heure, le numéro de vol, la destination, depuis l’aéroport de Séoul Gimpo… Ok donc je me suis plantée. Je croyais dur comme fer que nous partions de Séoul Incheon alors que notre avion nous attend à Séoul Gimpo. Autant confondre Orly et Charles de Gaulle à ce stade.
Le temps presse mais c’est encore bon. Nous ne nous embêtons pas à chercher une navette, nous irons en taxi. Nous nous avançons vers la file. On nous présente le premier taxi venu. Ça a l’air classieux quand même. Il y avait noté “limousine” sur la portière, ce que confirme le chauffeur en s’installant. Ok donc plus de place, du wifi et je ne sais quel autre service. Nous demandons le prix de la course : 70000 won. Nous cherchons donc un autre taxi, moins luxueux et moins cher. L’organisateur des taxis (c’est lui qui nous a ramenés jusqu’à la limousine avant de servir quelqu’un d’autre) nous demande ce qui n’allait pas, “le prix bien sûr”. Il nous désigne un joli taxi blanc et normal. Parfait !
Notre chauffeur met le compteur en route (vive cette invention quand même) et fonce vers l’aéroport de Gimpo. Nous ne le freinons pas, ça va bien avec le timing genre 24h chrono. Une demie-heure et 30000 won plus tard, nous sommes au bon endroit et même en avance. L’enregistrement n’a pas encore commencé. Nous pouvons nous détendre. (C’est pas fini.)
File d’attente, enregistrement classique, on nous dit de regarder à l’écran suivant si nos valises passent bien en soute… Une particularité des aéroports asiatiques sans doute. Ils font un scanner de ta valise, tu patientes de l’autre côté de la porte et tu regardes si ta valise continue sa route sur le tapis roulant. Autrement, on t’appelle dans le bureau et on te demande d’ouvrir ta valise. Donc ce qui a posé problème cette fois a été le bâton allume-feu de Will. On ne nous l’avait jamais reproché avant. Comme nous sommes sympas, on a juste eu un avertissement. Nous n’avons pas compris si c’était complètement prohibé ou s’il fallait le garder sur nous comme un briquet. Passons…


Nous patientons avec un sandwich (qui se passe de commentaire) et un smoothie. Nous décollons enfin. Petite sieste et petit repas offert. Nous remplissons consciencieusement le papier à donner à l’immigration. Deux heures plus tard (-1h de décalage horaire), nous atterrissons à Pékin. À l’immigration, Will passe le premier… et ça prend bien du temps. Arrive le moment où la dame me fait signe de les rejoindre : “do you know this man ?”. C’est pas le moment de dire des bêtises, oui je le connais. Je donne mon passeport et la dame ne fait pas de chichi pour moi. Will est trop différent de sa photo de passeport (la barbe aide pas) et la reconnaissance faciale n’est pas si aisée. Elle nous emmène auprès d’un autre collègue, qui demandera à deux autres collègues. J’ai beau leur dire qu’il était comme ça plus jeune, ce décalage photo/réalité les perturbe beaucoup ! Enfin il y en a un qui a la bonne idée de demander à William un autographe. La comparaison des signatures fonctionne beaucoup mieux. Nous sommes autorisés à fouler le sol chinois ! (C’est toujours pas fini.)


Nous avons eu la bonne idée d’imprimer une carte du métro pékinois. Donc nous prenons la ligne express vers le centre-ville, ok, puis on trouve la ligne pour aller vers le guesthouse (au passage nous voyons une vidéo du youtubeur Cyprien entre deux pubs dans le métro…), ok, et nous nous dirigeons à travers les petites rues pour poser nos affaires. Sympas d’ailleurs les petites rues. Juste avant d’y entrer pour de bon, un type nous demande où l’on souhaite aller. Nous lui disons qu’on n’a pas besoin d’aide. Il sort tout de go « Leo’s hostel ? ». Là on commence à flipper car c’était bien ça et de ce qu’il nous fait comprendre, ça ne va pas être simple d’y aller seuls. Mais nous suivrons vaille que vaille Maps Me, nous ne voulons pas payer un guide. Nous quittons donc la route principale pour nous enfoncer dans un dédale de petites rues. Mon impression : on se croirait dans une petite ville de campagne, pas vraiment Pékin. Pourtant nous sommes à deux pas de la place Tien An Men. C’est un peu rustique et les habitants sont un peu natures mais pourquoi pas, ça dépayse. Le ressenti de William : c’était déroutant. Il s’est senti complètement perdu. Le goudron a laissé place à de la terre. Les scooters électriques nous frôlent dans des petites rues où nous pouvons à peine circuler, à coup de klaxon en prime. Plus on s’enfonce, plus il a l’impression de vivre la pub Booking (la famille en pleine jungle) pour trouver notre hôtel sous le regard hagard des habitants.

Nous trouvons notre auberge de jeunesse… Mais eux ne trouvent pas notre réservation par booking. Il leur faudrait le numéro. Bien évidemment nous avions réservé il y a plus d’un mois pour faire le visa chinois. Va retrouver le mail ! D’autant qu’avec les restrictions Internet du pays, Google et affiliés du genre Gmail (par exemple hein) sont bloqués. Booking avait également décidé de ne pas fonctionner, bref c’est génial. Nous nous sommes mis sur le côté et Will a pris du temps pour bidouiller un truc qu’il vous expliquera dans un autre article. Toujours est-il que 20 minutes après, Booking était revenu et le numéro de réservation avec. Hallelujah ! Soit dit en passant, le quartier où nous nous trouvons s’appelle un hutong. Il s’agit de la vieille ville de Pékin. Ces quartiers ont tendance à disparaître avec la modernisation mais la ville essaie d’en garder un peu. On ne dit pas non mais ils pourraient rénover ces vieilles maisons de pierre grise…
Nous prenons la clé de la chambre et le temps de papoter tourisme avec la jeune femme de l’accueil, hyperdouée à l’anglais d’autant plus. Ni une, ni deux nous réservons le programme pour le lendemain que vous verrez par la suite (non je ne dirai rien).

(Hall de l’hôtel, il s’agit d’une cour intérieure qui donne sur les chambres)

Nous faisons un petit tour du quartier et trouvons les rues commerçantes et nettement plus urbaines que nos ruelles rustiques. L’architecture reste quand même à la sauce chinoise cela dit. On apprécie les boutiques et boui-boui où l’on peut trouver trois tonnes de trucs à bas prix : vêtement, babioles, jade, brochettes en tout genre, musée de Madame Tussaud… Un coucou à Jackie Chan et ça repart. Nous mangeons dans un fastfood chinois, Dico. Étrange mais pas trop mal mon hamburger riz crevettes, Celui de Will à l’ananas par contre, c’est pas le top. Pour le dessert, une brochette de fruits caramélisés et une boisson fumante (bicarbonate ?). Enfin nous allons nous octroyer un repos bien mérité. Vivement la suite !

Guide pratique de la Corée du Sud

Guide pratique de la Corée du Sud

Voici un bilan pratique de la Corée du Sud. Vous y trouverez des informations pour préparer votre voyage, aussi si j’oublie quelque chose, demandez-nous ! Nous parlons de notre propre expérience, chacun a sa façon de voyager. Nous prévoyons d’écrire un article avec des conseils plus généraux quant au voyage (équipements, applications utiles, etc.)

Durée du séjour : 19 jours sans le trajet (23h), +7h de décalage. Mois : mai. Budget quotidien : 75€ pour deux personnes. Budget max : 1000€ par personne sur place. Le billet d’avion n’est pas compté car nous avons des billets multi-destination. Compliqué de donner une approximation donc.

Météo : très agréable. Nous avons eu la chance d’un temps ensoleillé, un peu chaud (25°C en moyenne). Deux jours de pluie légère et un petit orage dans la nuit. C’est un idéal mais c’est trop tard pour les cerisiers en fleurs.

Localement : c’est le mois des vacances et jours fériés. Tout fonctionne normalement, sauf la poste fermée les week-ends. Il y a par contre beaucoup de monde dans les lieux touristiques. Nous n’avons pas eu de souci pour réserver d’hôtel cela dit. Vous serez rarement perdus mais gardez à l’esprit qu’une adresse coréenne et une adresse en anglais ne sont pas la même chose pour les Coréens. Prenez vos destinations écrites en hangeul (écriture coréenne) avec vous. Autrement, patientez un peu, il y a toujours une solution et de l’aide à portée de main. Les prix sont correctement affichés, pas d’arnaque possible (sauf en taxi). Pas de pourboire à laisser ou de marchandage possible. Dans les temples, les dons sont toujours appréciés.

Calcul du budget : nous nous sommes basés sur les prix Lonely Planet et Routard et avons effectué une moyenne pour les petits, voir moyen budget en comptant une petite majoration de 30% au cas où. Au final nous avons dépensé pour 1500€ pour deux (et 27 cents).

Hébergement : Le plus gros de notre budget. Nous avons surtout utilisé Booking.com en prenant des logements peu chers mais aux bons commentaires. Nous avions toujours une chambre double avec douche et cabinet privés. On peut baisser le budget en prenant des chambres en dortoir. Nous avons essayé Couchsurfing mais les connexions sont rares et le seul qui a bien voulu nous répondre ça a été par la négative. Peu de contact avec les locaux donc, c’est dommage. Les Coréens ne sont peut-être pas habitués à cette pratique.

Repas : Attention, nourriture épicée dans l’ensemble. Base de riz ou de nouilles, plats très savoureux et copieux. Partir sur un plat pour deux peut être judicieux. Dans les grandes villes on trouve de grands marchés et les étals regorgent de découvertes culinaires. Testez les enseignes que l’on connaît, elles s’adaptent à la culture locale. Nous nous sommes fait plaisir. Nous avons évité les restaurants les plus luxueux mais nous n’avons pas fait que de la « street food » sur les marchés et étals. A savoir, nous avons essentiellement pris deux gros repas dans la journée et un petit grignotage de temps en temps. La chaleur ambiante nous a donné plus soif que faim. Un autre moyen de réduire le budget aurait été de réduire notre gourmandise.
Nos recommandations : On vous servira toujours une petite assiette de navet jaune (très rafraîchissant face à la cuisine pimentée) et une petite salade pimentée pour accompagner le plat. N’attendez pas qu’on vous serve les couverts, les baguettes et les cuillères sont présentes dans une boîte à disposition sur chaque table. Côté plat, on vous recommande le kimchi, le bibimbap, le barbecue coréen, les salons de thés (si vous pouvez).

Transports : Extrêmement abordables.
En ville : Préférez les métros, très abordables et faciles d’accès. Le prix du billet est calculé en fonction de la destination. Les tickets ne peuvent pas être payés par carte aux automates, prévoyez des espèces. Dans le cas contraire, préférez le bus aux taxis. Le paiement se fait aussi en espèces à glisser dans une boîte en plastique. Le chauffeur vous rendra la monnaie via une machine. Montrez-lui la valeur du billet avant de le faire glisser et préférez les billets de 1000 won (la plus petite coupure). A pied, c’est très sympa de se promener mais attention aux distances qui peuvent être plus longues que ce que vous pensez. Pour les taxis, demandez le prix avant (sauf s’il utilise le compteur) et évitez le standing « limousine » très cher. Vous aurez peut-être quelques frayeurs avec les chauffeurs de bus et de taxi mais ils savent ce qu’ils font.
A travers le pays : Parcourir le pays en bus ou en train est facile. Tout se passe dans des gares routières ou ferroviaires. Cherchez les « Terminal station » sur la carte. Le paiement se fait en cash ou en CB. Demandez la porte ou le quai et l’heure de départ. Bien souvent, ils vous l’indiquent sur les billets. Attention à la ponctualité, tout part et arrive à l’heure pile ! Prenez un temps d’avance pour repérer les lieux, si ce n’est pas déjà fait au moment de l’achat des billets. Prévoyez les boissons et les snacks, pas de vente à emporter ou de wagon restaurant pendant le trajet (en ce qui nous concerne). Nous conseillons d’utiliser les bus en priorité, plus faciles pour aller dans les villes limitrophes et le moins cher de tous.

Visiter : Très abordable. Les billets d’entrée sont peu chers dans l’ensemble, il y a même des billets groupés pour certains lieux. Jeju-do est plus cher en revanche. Les visites guidées sont gratuites (pour ce que nous avons vu) mais il faut être à l’heure, il n’y en a pas beaucoup en anglais. Autrement, à chaque point d’intérêt touristique, il y a un panneau d’explication (en anglais toujours). Repérer les bureaux d’information touristiques qui vous donneront toutes les informations pratiques. Les interlocuteurs y parlent souvent anglais. Demandez tous les repérages nécessaires pour vos déplacements. Ils sont à l’écoute et très serviables.

Comme c’est le début de notre aventure, nous n’avons pas su retirer de l’argent de suite mais à force de bidouillage on y arrive. D’ailleurs, même si vous avez une option retrait sans frais sur votre carte bancaire, dites-vous que c’est votre banque qui vous fait un cadeau. La banque coréenne, elle, ne vous a rien promis. N’attendez pas d’être à sec pour retirer. Gardez toujours une sécurité de 200000 won, en cas de pépin. Le pays nous a semblé très sécurisé, peut-être même plus qu’en France (bien que le risque 0 n’existe pas). Comme d’habitude, évitez de sortir trop tard le soir.

Le niveau de vie est proche du niveau français. Pour autant, nous pourrions nous améliorer sur plusieurs points. Le recyclage se fait partout, les véhicules hybrides sont légions, aucune dégradation matérielle observée, ni de tag… Rappelons toutefois que nous avons surtout été en ville. Nous ne connaissons pas la campagne. De leur côté, s’ils pouvaient respecter les files d’attente, ça serait cool. Pour le reste, pas besoin de trop vous charger, on trouve tout le nécessaire sur place. Pour l’équipement, pas besoin d’un adaptateur de prise électrique.

La Corée du Sud en vrac – Pot pourri des étrangetés

La Corée du Sud en vrac – Pot pourri des étrangetés

Notre tour de la Corée du Sud touche à sa fin. Nous avons eu un premier coup de cœur pour ce pays. C’est réellement un très bel endroit que nous recommandons. Même en famille, nous pensons que c’est suffisamment abordable d’un point de vue pratique. Notre seul réel souci finalement a été de comprendre comment fonctionnait les bornes de retrait. D’ailleurs pour le côté économique, le niveau de vie est très proche de ce que nous connaissons en France. À peine moins cher (pour le transport et l’alimentation). D’un point de vue culturel, on en prend plein les yeux entre les palais, les temples, la nature environnante… C’est un séjour réellement passionnant et beau.
Nous allons détailler à la suite quelques points qui nous ont surpris (plus ou moins agréablement). À vous de nous dire si ça semble bizarre ou si c’est juste nous.
La folie du café. Nous ne le répéterons jamais assez mais le café (froid) fait partie intégrante du quotidien coréen. Il y a des barrista de partout, c’est de la folie.
La nourriture. Tout comme en France, on sent que la gastronomie est une question de variété. Chaque région a sa spécialité. De façon générale, on trouve un plat principal (celui que vous commandez) et plusieurs petits accompagnements, de deux à six coupelles différentes. C’est une cuisine épicée dans l’ensemble et sucrée. Ainsi on se passe volontiers de dessert (sauf cas de tentation gourmande).
Les déclinaisons de plat. Les Coréens sont assez imaginatifs. Je pense que s’ils voient un concept de plat, ils le déstructurent facilement. Les cornets de glace peuvent être remplacés par une gaufre ou une crêpe. À l’inverse, on trouve des glaces à n’importe quel parfum ou des crêpes au cheesecake. Un fruit peut être changé en n’importe quelle boisson (jus, smoothie, thé…)
Nourriture peu chère. On mange très bien pour moins de 10€. Sauf les fruits. Par rapport aux autres produits alimentaires, ils nous ont semblé nettement moins donnés, sans doute à cause de l’import.
Les déchets. Comme il y a beaucoup de vente à emporter, on pourrait se dire qu’il y a des poubelles à tous les coins de rue. D’autant que celles-ci sont extrêmement propres. Mais ce n’est pas le cas. Soit on garde nos déchets jusque chez soi ou jusqu’à ce qu’on trouve une poubelle providentielle. Soit on cherche les poubelles derrière un restaurant ou on pose sur le côté notre gobelet. Nous avons vu des équipes de nettoyage arpenter les rues. Des fois même, des personnes à l’âge de la retraite. Peut-être est-ce un moyen de garder leurs aînés en forme (contre salaire ? volontariat ?)

(Des jets d’eau sont incorporés à la route, pour nettoyer ?)

Le recyclage. Il est pris très au sérieux. Les poubelles sont le plus souvent séparées en fonction du type de déchets : plastique, déchet classique, restes de nourriture (dans les fast-food).


Mode de vie sain ? Malgré les sauces sucrées et les fritures nombreuses, nous avons vu très peu de personnes en surpoids ou en obésité. Il est vrai que les soupes, kimchi et bibimbap sont vraiment sains. En tant que viandards, nous avons pris peu de plats végétariens mais ça ne manque pas. On trouve également des machines de sport en libre service dans les parcs (pas de salles coûteuses en vue), il y a énormément d’espaces verts pour se promener, faire son jogging ou une balade à vélo. Des terrains d’entraînement aussi (foot, basket, baseball…)
Les files d’attente. C’est un peu à celui qui prend la place le premier. Il y a bien une ligne de courtoisie au sol mais on ne sait pas trop à quoi elle sert. Dans les faits, si vous regardez en l’air, on vous passe devant. Ça veut dire que vous êtes en recherche d’information. Si vous voulez être le prochain, vous vous collez à la personne devant le guichet et ayez l’air de savoir ce que vous voulez.
Un peu sans-gêne. Même s’ils ont l’air sympas et souriants comme ça, il ne faut pas se mettre en travers du chemin d’un Coréen. En fait, ils sont plus pressés qu’on ne le pense de prime abord (ils ne marchent pas vite pour autant). Donc ils doublent en file d’attente, n’hésitent pas à te pousser gentiment quand ils veulent te doubler, à se coller à toi quand tu poses tes questions au guichet. Une fois, la personne aurait même pu prendre dans mon portefeuille ou voir le code de la CB tant elle était à côté de nous. Elle s’est éloignée après que Will lui a lancé un regard plus noir que lui.
Pas d’insécurité. Cette personne ne nous aurait pas volés je vous rassure. Elle attendait juste son tour pour son billet de bus. Nous n’avons senti aucune insécurité quel que soit l’endroit. On a vu traîner des sacs et même une CB posés sur les côtés au cas où leurs propriétaires venaient à les chercher. Je me suis baladée en mode touriste, l’appareil photo au cou, sans problème.
Ils ne cherchent pas à comprendre. Les Coréens sont serviables tant qu’on ne gêne pas leurs affaires. Il y en a qui sont venus spontanément à notre aide lorsque nous regardions des panneaux ou une carte. D’autres nous ont indiqué le chemin, parce qu’ils y allaient aussi ou qu’ils n’étaient pas occupés. À un guichet, si vous créez une queue et que la personne en face de vous ne comprend pas ce que vous souhaitez, elle vous fait passer sur le côté séance tenante en attendant d’avoir moins de monde ou que vous trouviez la solution. Quand ils ne parlent pas anglais, ils ne font pas toujours l’effort de la traduction. Il ne faut pas s’énerver, passez à autre chose, il y a toujours moyen de trouver une solution.
La ponctualité. Ils sont réglés comme des coucous suisses. Les bus et les trains partent et arrivent à l’heure. Tout le monde respecte les horaires. Dans le genre pressés, ils mangent super vite aussi.
Les horaires. Nous n’avons pas trop compris le quotidien type. Par exemple, s’il y a un jour de congés hebdomadaire nous ne le connaissons pas. Encore que la poste est fermée tout le week-end. De ce que nous avons vu, le matin la ville tourne au ralenti. Les boutiques et les restaurants ouvrent à partir de 11h mais restent ouverts jusqu’à minuit selon les quartiers. Enfin, pour le nécessaire, il y a toujours les supermarchés de quartier ouverts h24.
Les gérants des guesthouses dorment derrière leur comptoir. Sans rire, si certains ont une chambre, voir un studio, d’autres ont juste un futon et une télévision. Ils passent leurs journées et leurs nuits sur place. Avec toute la petite famille des fois.
Hypermodernes, hyperconnectés. Le smartphone doit être greffé à leur main. C’est vraiment pire que chez nous. En même temps on peut trouver du wifi quasi-gratuit un peu partout… Jusqu’au volant d’ailleurs ! Ce sont des pros de la conduite, les chauffeurs ne mettent même pas la ceinture. Pourtant ils foncent, téléphone en main ou à l’oreille.
Élégantes. Les Parisiennes peuvent aller se rhabiller. La mode coréenne joue sur l’élégance. Des motifs floraux légers, des volants, de la dentelle, c’est d’un chic. Je ne suis pas portée sur la mode, mais j’aurais eu des robes de ce type au même prix, je serai certainement plus féminine. Pour celles qui n’aiment pas, le genre urbansport est très couru aussi. Par contre, Messieurs, la coupe au bol n’a jamais été tendance… surtout une fois adultes. Quant aux dames, c’est la frange qui trône.
Le mignon. Tout est mignon là-bas. Même leurs statues protectrices (à ce qu’il parait). Les Coréens aiment les trucs petits, ronds, choupis, pastels ou roses.

(Vus dans la boutique du temple bouddhiste à Jeju-do)

Les couples. Main dans la main, un bras protecteur (possessif ?) autour des épaules, une fleur ou un bouquet pour la jeune femme. C’est cool d’être culcul ici. Will et moi avions l’air d’un vieux couple. J’ai essayé de marcher à la coréenne : agrippée au bras de Monsieur, la tête adorablement posée sur l’épaule, le regard admiratif… c’est techniquement impossible de marcher comme ça sans se choper une scoliose et un torticolis au minimum. Ils adorent prendre des photos.
Séparation homme/femme. C’est presque choquant mais en dehors des couples il n’y a aucune mixité. Les étudiants, les élèves, chacun de son côté. Ça s’est notamment vu aux aéroports avec les groupes scolaires en voyage. Il y avait un troupeau féminin et un troupeau masculin (oui à ce stade, ce ne sont plus des groupes mais des troupeaux).
Bons vendeurs. Ils vont facilement essayer de vous vendre un truc. Si vous vous arrêtez dans une boutique, croyez-moi qu’elle va vous suivre la vendeuse et tout vous expliquer avec le prix qui va avec (oui, je sais ce qu’est un pins’ Madame, un marque-page aussi). Des pots de colle (j’en connais un qui adorerait), là aussi c’est rien chez nous. Pour attirer (?) le chaland, les boutiques mettent de la musique (super forte). Le must c’est le rameuteur avec mégaphone (là encore ça plairait à quelqu’un).
Les taxis. Tu es un touriste au bord de la route. Les taxis vont ralentir et te klaxonner, même si tu as l’air du randonneur convaincu qui veut marcher 100 bornes. Où que tu sois, un taxi sera toujours là pour toi. Par contre, il faut impérativement avoir l’adresse en coréen ou repérer les taxis ayant une pastille sur la fenêtre disant qu’ils peuvent appeler un traducteur. Il existe un service téléphonique : le chauffeur vous met en relation avec un traducteur dans votre langue qui va pouvoir lui donner l’adresse coréenne.
Les karaokés. Nous connaissons les karaokés classiques avec boisson, etc. Mais dans les bornes d’arcade aussi ils sont présents. Sous forme de petites cabines insonorisées genre photomaton.


Les produits français. Nous pensons qu’ils sont fascinés (un peu fort peut-être) par la France. Ça fait chic. On trouve facilement des t-shirts avec des inscriptions en français, des marques ou des franchises au nom français (juste le nom). Les produits qu’on y propose sont estampillés France… alors qu’on n’en a jamais vus. À part des biscuits St-Michel, on n’a rien vu de français. Ils pourraient importer un peu quand même.
Les protections des portières. On termine avec un truc étrange à première vue. Les portières des voitures et le coffre sont souvent affublés de petits carrés de mousse sur les côtés. Une protection contre les frottements et les rayures ? On en trouve de toutes les formes et de toutes les couleurs.


Voilà pour le pot pourri d’impressions. Sur certains points, nous pouvons être très critiques. Il n’empêche que la Corée du Sud a été un réel enchantement (jugez par les photos) et en tant que touristes nous avons quand même eu des traitements de faveur. Nous avons été bien reçus et nous nous verrions bien y vivre. Ça n’est pas un dépaysement total, on y retrouve beaucoup de notre mode de vie. Mais il y a également beaucoup d’améliorations je trouve. Nous espérons y revenir un jour afin de découvrir les régions que nous n’avons pas pu visiter.