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Mois : août 2017

Journal de séjour #82 – Khao San road et ses commerces

Journal de séjour #82 – Khao San road et ses commerces

Le lit est trop confortable, ça va devenir problématique pour se lever. Autant y aller tranquillement pour aujourd’hui. D’abord nous prenons le petit-déjeuner dans un café repéré la veille. Un peu cher pour ce que c’est mais ça reste bon.


Nous avons récupéré une carte de la ville et repéré le bureau de poste le plus proche. Nous aurons besoin de faire un colis. À l’hôtel, nous prenons le temps de trier toutes les affaires à envoyer. La poste est dans un quartier commerçant où les backpackers aiment se promener. Ça nous fera une bonne visite au passage. Nous passons devant un premier complexe de temples et avançons vers le quartier. McDonald’s, Burger King, oui nous devons approcher. La poste est bien là, nous prenons le temps de faire notre colis. Attention, il est interdit d’envoyer des statues ou des représentations de Bouddha quelle qu’elle soit. Nous avons vu hier un panneau publicitaire géant sur la route disant de montrer du respect envers l’image de Bouddha qui n’est ni une décoration ni un tatouage… Ça a l’air assez strict. D’autant que des échoppes en vendent des statuettes.


En ressortant nous nous perdons dans une petite rue commerçante où un étal m’attire par une sorte de dessert fait de riz et de mangue (mango stick rice). C’est trop bon. Will en profite pour se prendre un smoothie à la mangue.


Nous flânons le long des boutiques pour arriver dans la rue marchande incontournable, Khao San Road. Ben il n’y a que des boutiques de vêtements, des centres de massage et des restaurants branchés. Bref, pas à mon goût j’ai préféré notre chemin de traverse.


En allant plus au sud, on arrive sur le musée national. Avant, nous décidons de nous arrêter dans un restaurant indien. C’est comme à la maison, dira Will.


Pour rejoindre le musée, c’est un peu compliqué car une route genre la rocade barre le chemin. Mais en contournant et en traversant où c’est possible, nous arrivons au musée. Il est déjà 15h30. Un employé à l’entrée nous indique que le musée ferme à 16h. C’est vrai qu’on n’a pas pensé à regarder ça. Mais très gentil, le monsieur nous explique que c’est le jour de Bouddha (ça nous rappelle la Corée du Sud). Il y a notamment un temple qui est ouvert gratos juste aujourd’hui et il y a un Bouddha géant là-bas. Par contre ça ferme dans une heure et à pieds c’est pas possible. Il nous explique quel tuck-tuck choisir. Les gouvernementaux ont le drapeau du pays peint sur le côté du toit. Il en hèle un justement. Il lui demande de nous amener au Bouddha puis à l’office du tourisme et négocie pour seulement 60 bahts ! Négocier est un bien grand mot. En tant que local, il a juste demandé et c’était bon. L’affaire conclue, il nous dit “à demain” pour le musée.
Notre chauffeur discute avec nous, il est très sympa. On arrive devant le temple, il nous dit qu’il nous attend. Le Bouddha est effectivement très grand. Mais ce qui nous surprend le plus, c’est le soin et le détail apporté à l’architecture du temple. Ce sont des mosaïques brillantes qui encadrent les ouvertures et c’est vraiment beau. À l’intérieur, nous n’osons pas prendre de photo mais les fresques sont superbes également. Nous remarquons tout autour du temple un mur d’étagères où sont placées des urnes (funéraires probablement). Nous demandons à notre chauffeur et on nous répondra qu’il s’agit d’anciens ministres… Ben il y en a un paquet ! Bon leur famille aussi y ont droit mais quand même.

Nous partons vers l’office du tourisme. Nous ne savons pas à quoi nous attendre. Le monsieur nous y a envoyés parce que nous lui avons dit rester 3 semaines. Au départ nous pensions plus glaner quelques informations et voilà que notre interlocutrice commence à chercher les prix pour hébergement et transport pour tout le séjour. Nous décidons de couper la poire en deux et de réserver avec elle la première moitié vers le nord. Elle nous crée un itinéraire aux petits oignons avec trek dans la jungle… ça promet. Apparemment c’est l’agence d’État et donc les prix sont plus intéressants. D’autant qu’ils enlèvent quelques taxes soit 20% de réduction en plus. Après calcul il s’avérera que nous restons effectivement sur notre budget. À condition de faire attention à ce qu’on mange et au prix des activités qui ne sont pas inclus. Mais c’est jouable, donc j’imagine que seuls nous aurions sans doute payé le même prix, voir plus.
En sortant, notre chauffeur nous a attendus (le pauvre, ça a duré assez longtemps pour qu’il fasse une sieste). Il propose de nous ramener à l’hôtel mais avant il nous demande un petit service. S’il nous amène chez un certain tailleur, il reçoit un coupon pour de l’essence gratuite. Pas d’obligation d’achats pour nous, il suffit de tourner un quart d’heure. Ok pour nous. Ça doit arriver souvent car le vendeur ne s’y trompe pas en voyant nos dégaines. Il est prêt à nous faire asseoir et regarder un catalogue pour 15 minutes. Aimable mais sans plus. Nous regardons quand même un peu les cravates en soie. Nous repartons à vide, notre chauffeur est content, il a eu son coupon. Retour à l’hôtel donc, pas d’arnaque sur le prix fixé. Nous nous reposons un peu avant d’aller manger au boui-boui d’à-côté.

Journal de séjour #81 – La Thaïlande, pour vous faire rêver

Journal de séjour #81 – La Thaïlande, pour vous faire rêver

Vous l’attendiez, c’est le grand retour des galères de douane. Aujourd’hui nous partons en Thaïlande ! Notre séjour au Cambodge aura été un peu plus court que les autres pays. Essentiellement parce que nous avons évité certaines régions, plus reculées ou qui n’arrangeaient pas l’itinéraire. Qu’à cela ne tienne, nous voulons y revenir un jour dans ce beau pays.
Encore que nous avons eu un petit bémol au petit-déjeuner ce matin. Nous nous installons à une rue de l’hôtel et profitons de nos bagels quand nous entendons une femme hurler. Au début, je pense à une dispute matinale mais il semble que deux hommes l’encerclent. Will voudrait intervenir, d’un autre côté, les deux messieurs… c’est la police. Tout le quartier vient observer la scène puis retourne à ses pénates. La tenancière du café nous explique que la femme a tenté de voler un hôtel à côté du nôtre. Ce qui nous a embêté c’est qu’une fois la dame attachée (pas de menottes, juste une corde) l’interrogatoire semblait continuer au milieu de la rue. Attendaient-ils une voiture pour l’emmener ? En tout cas, ils n’ont pas bougé le temps que nous sommes restés.


Sur ces entrefaites, nous partons récupérer nos sacs. Pas de soucis de vol pour nous, il y a un Cerbère à l’entrée. Bon d’accord c’est plus le genre à aboyer qu’à mordre mais depuis notre chambre du 3e on l’entend bien le pékinois. Nous patientons et un tuck-tuck se ramène pour faire la navette jusqu’au bus… qui est en fait une voiture. On ne comprend pas trop, on ne nous explique pas trop non plus. Nous embarquons (nos sacs sont déjà dans le coffre), nos passeports sont pris en photo (pour la douane nous dit-on) et roule chauffeur. Il nous explique vaguement que le bus est à la frontière (Will a dû demander quand même).
La voiture fonce à toute vitesse et Will a prié une fois de plus qu’on n’ait pas d’accident. Nous arrivons rapidement à Sisophon, une petite ville proche de la frontière où nous sommes largués à l’agence du bus. Celui-ci devrait arriver d’ici un quart d’heure. Effectivement, un bus rouge à étages déjà bien rempli se gare bientôt.

Nous repartons pour la frontière. Un organisateur nous tend des badges, du même genre que le passage de la frontière sino-vietnamienne, et nous explique le déroulement des opérations. Contrairement à notre passage au Cambodge, bien que nous récupérons le même bus ensuite, il faut prendre nos valises avec nous pour les passer au scanner. Ils ne rigolent pas les Thaïs. La frontière est là, le gros n’importe quoi (pour rester polie) commence. Il faut donc d’abord sortir du territoire cambodgien. Nous avançons tous jusqu’au bâtiment concerné, un petit résidu où tout le monde s’entasse avant de faire des files d’attente. C’est à celui qui récupère un stylo rapidement pour remplir la feuille de départ qu’on a pris soin d’agrafer à notre passeport à l’arrivée dans le pays. Une fois les fiches remplies, les files d’attente peuvent se former. 5 guichets sont présents. Will passe devant moi, il fait une reconnaissance digitale. À mon tour, la même chose est demandée mais mon pouce gauche beugue un peu. À la troisième c’est bon.
Je retrouve Will dehors avec quelques personnes qui se demandent où aller ensuite. Nous suivons ceux qui nous disent “ce côté la Thaïlande”. Nous avançons le long de la route, autour de nous il y a des petits étals mais rien ne nous fait penser à un bâtiment officiel. Nous continuons sur une centaine de mètres avant qu’une dame ne nous fasse signe de traverser la route. Enfin nous arrivons devant un bâtiment plus officiel. À un bureau, on nous donne le papier d’entrée du territoire à remplir. Puis c’est la file d’attente. Nous perdrons beaucoup de temps à patienter. Enfin, Will passe à un guichet, moi un autre. Le temps de vérifier les informations et je passe. Will y est encore. Pour une raison qui m’échappe il montre aussi sa carte d’identité. Finalement il est autorisé à rentrer dans le territoire. Nous ne savons pas pourquoi il a eu cette vérification supplémentaire (encore à cause de la photo peut-être). De l’autre côté, nous sortons et continuons d’avancer. Le scanner des valises n’a pas l’air de fonctionner et au point de contrôle type fouille j’imagine (des panneaux indiquent les messieurs d’un côté, les dames de l’autre) rien ne se fait. Au final nous avons porté nos sacs pour rien. Nous avançons vers le parking où nous attend le bus. Ça y est, nous sommes en Thaïlande !
Petite particularité que j’avais oubliée, ils roulent à gauche. Ça explique pourquoi nous avions dû traverser la route pour rentrer dans le territoire. La campagne pour le reste ressemble à ce qu’on a connu au Cambodge. Il faut dire que ce dernier était beaucoup plus étendu à une époque et englobait le nord de la Thaïlande. En attendant nous avons perdu 2 heures pour traverser la frontière, il nous en reste un bon paquet pour arriver à Bangkok. D’autant que là où nous pensions qu’ils s’arrêteraient pour le repas du midi, ça ne s’est fait que deux heures après le départ. Heureusement qu’il y a des DAB à la station service, nous avons pu retirer quelques bahts. Will en a profité pour faire quelques courses pour nous sustenter.
Encore deux heures et Bangkok apparaît. Et quelle ville ! Des grattes-ciel et des bâtiments jusqu’à perte de vue, des routes aériennes, c’est réellement impressionnant. Par contre nous arrivons en pleine heure de pointe.

Il nous faut encore une bonne heure pour arriver au point de chute. De là, un chauffeur de taxi nous hèle. Nous ne sommes pas si loin de l’auberge et sommes presque prêts à partir à pieds. Cela dépendra de son prix… que nous trouvons trop élevé. Il ne tente pas de négocier, nous non plus. Un tuck-tuck passe par là. Voyons ce qu’il propose. Même prix, toujours non. Ok moitié prix. 100 bahts, 2,5€, ouais ça peut le faire. Le tuck-tuck thaï est plus petit mais plus sécurisé que le cambodgien. C’est une balade sympa et nous arrivons rapidement à l’hôtel. C’est une bonne place, la chambre est très bien, et en centre-ville historique qui plus est. Il existe aussi un centre-ville économique plus à l’est mais ça nous intéresse moins.

Nous sommes claqués. Un repas à l’hôtel, une bière pour nous féliciter et au lit !

Bilan pratique du Cambodge

Bilan pratique du Cambodge

Le Cambodge est un pays sublime. Là encore un coup de cœur s’y est fait. Pourtant notre séjour y a été plus court par rapport à d’autres pays. Une erreur d’itinéraire sans doute. Nous avons privilégié une courbe du nord vers l’ouest. Partir au sud nous aurait fait faire un détour et nous n’avons pas osé nous aventurer dans la jungle à l’est du pays. Ça sera sans doute à faire une prochaine fois (oui on compte bien revenir dans chaque pays visité !)
Durée du séjour : 18 jours, 6h de bus depuis Ho Chi Minh + 1h pour la douane. Une demande de visa est obligatoire mais très facile à faire, depuis une ambassade ou même depuis la frontière ! Pour deux personnes, ça nous a coûté 74$.
Météo : chaud, à tendance orageuse. La période de juillet est le commencement de la saison des pluies. Cela veut dire que c’est encore agréable pour visiter. En plus c’est la basse saison, les prix sont donc plus avantageux. Le plus souvent, la pluie ne vient qu’en fin d’après-midi ou se manifeste par petites ondées dans la journée (plus rare pour nous). Attention, si le vent se lève et que de gros nuages arrivent, rentrez vite l’orage n’est pas loin et là c’est une vraie saucée qui vous attend.


Localement : C’est la période basse pour nous. Ça signifie que les commerces, les hôtels et surtout les tuck-tuck sont désespérés. Vous serez hélés de toute part. Il faudra dire non malgré les têtes de chiens battus. Et il ne faut pas hésiter à marchander aussi. Sur les marchés vous pouvez vous y donner à cœur joie.


Calcul du budget : Le plus cher reste les visites, enfin Angkor Vat pour être précis. Pour cette période nous avions compté un budget de 857€ par personne au maximum. Nous sommes arrivés à 1092,11€ pour deux soit une économie de 311€ par personne. Ce pays est encore très abordable mais… ils ont doublé les prix pour Angkor Vat cette année, le palais royal de Phnom-Penh aussi. Si le pays évolue ailleurs, on peut penser que les prix vont augmenter aussi.
Hébergement : Cela va de la petite maison d’hôtes à la campagne et au confort simple (mais très bien) à l’hôtel semi-luxe avec bichonnage à fond. Les prix sont très corrects et avec Booking on a été assez privilégiés. Le confort s’est retrouvé un peu partout. Il n’y a pas une adresse que nous ne recommanderions pas.


Repas : Amusez-vous ! Les plats ne sont que moyennement épicés et ils sont tous délicieux. Même les insectes ! Bon, à Siem Riep vous pouvez vous amuser avec les restaurants occidentaux. Les menus sont faits pour les touristes.
Nos recommandations : Amok, bamboo cake, lok lak…


Transports : Assez abordables, confort moyen. Routes en terre la plupart du temps, attendez-vous à être secoués.
En ville : Aucun métro et nous ne nous sommes pas essayé au bus. Après réflexion existe-t-il un réseau urbain ? Le meilleur moyen de se déplacer reste le tuck-tuck. Il faut juste faire attention au prix et marchander au maximum avant départ.
A travers le pays : Le bus toujours. Ce sont des bus tout ce qu’il y a de plus classique. Encore que nous avons eu l’impression que c’étaient de vieux bus européens qu’on mettait en retraite au Cambodge. Pas d’incident à déclarer pour autant, nous n’avons jamais eu de panne ou d’accident. Les distances étant relativement courtes, nous n’avons pas eu besoin de voyager de nuit. Je ne sais même pas si c’est possible.


Visiter : Seul Angkor Vat bat des sommets en matière de budget. Le reste est très abordable. La campagne à vélo est superbe. La seule petite arnaque a été le péage au niveau des petits temples à Kampong Cham. Mais la somme est tellement dérisoire que se plaindre serait pour la forme. Les visites à Phnom-Penh des killing fields et de S21 sont dures émotionnellement. Mais c’est une partie de l’histoire qu’il faut connaître pour comprendre le pays. On ne peut pas faire l’impasse là-dessus.


Le Cambodge n’est pas le pays le plus développé que nous ayons visité. Pour autant on y trouve tout le confort nécessaire, les gens y sont super gentils et aiment parler de leur pays, les visites sont grandioses même pour les plus modestes. On aime y prendre son temps, discuter avec les locaux et se laisser mener par le courant ou bercer dans un hamac. Nous avons adoré y séjourner et nos rencontres en ont fait un beau coup de cœur.

Le Cambodge en vrac et en débrouille

Le Cambodge en vrac et en débrouille

Le Cambodge était notre quatrième destination depuis le début du voyage, nous trouvons moins d’éléments surprenants propres au pays. En effet, certaines habitudes ou traits de culture se retrouvent dans la plupart des pays d’Asie du sud-est. Pourtant nous trouvons encore quelques perles à vous raconter.
Les chasses d’eau. Connaissez-vous les chasses d’eau manuelles ? Nous avions déjà pu connaître cette particularité dans les stations services mais nous avons eu à l’utiliser quotidiennement, chez Thomas par exemple. Un seau d’eau et une petite bassine pour transvaser l’eau dans la cuvette et on en parle plus. Ça fonctionne tout aussi bien. Petit détail supplémentaire : en Asie de l’est il est souvent demandé de ne pas jeter le papier toilette usagé dans la cuvette mais dans la poubelle. Les canalisations se bouchent facilement… Aussi, les toilettes ne sont à la turque que dans les lieux publics heureusement.


Un petit jet d’eau. Toujours dans la salle d’eau, un tuyau relié à un robinet assez puissant est présent dans la plupart des pays d’Asie de l’est. À quoi sert-il ? Par nos déductions, il peut servir au nettoyage de la salle d’eau. Plus besoin de faire des allers-retours au robinet ou d’utiliser un sceau pour rincer. Un jet d’eau et c’est fini. D’un autre côté, c’est très utile pour des fins moins avouables… Nous avons rarement trouvé de brosse pour nettoyer la cuvette. Bref ce jet d’eau à des propriétés récurantes intéressantes.
Les salles d’eau. Autant continuer le laïus sur les salles de bain en Asie de l’est. Il faut bel et bien parler de salles d’eau car ce sont pour l’essentiel de petites pièces servant à tout type d’ablution. Toilettes, douche et lavabo sont dans la même pièce, quel que soit l’espace. La douche n’est d’ailleurs qu’un petit système de chauffe-eau équipé d’un pommeau. Il n’y a ni cloison, ni rideau séparant les différents éléments. L’eau s’écoule par un système d’évacuation qui sert aussi lorsque vous nettoyez. En fait, il faut juste penser à sortir le papier toilette et à baisser le couvercle des toilettes lorsque vous voulez prendre votre douche.


Gentillesse. Même topo qu’au Vietnam, nous n’avons eu que des bons contacts. Les gens sont super sympas et prennent le temps de discuter. Ils ont à cœur de montrer leur culture et leur histoire. Ils ne se prennent pas la tête.
Évolution lente. L’histoire du Cambodge est marquée par des événements encore très récents. Même si cela fait une quarantaine d’années maintenant, les séquelles sont telles que le pays évolue lentement. Les villes se développent, un centre commercial est en construction dans une petite ville comme Kampong Cham. Les villes touristiques ont tout le confort. Mais, vous ne trouverez pas encore le métro ou de hauts grattes-ciel et le niveau de vie est encore bas, surtout en campagne.
Émission TV et musique. Dans le même genre, la culture poursuit aussi une évolution un peu lente. Nous avons eu l’occasion de voir des clips musicaux faisant penser à des musiques indiennes des années 1980. Avec Internet, la plupart des musiques américaines actuelles sont entendues un peu partout. Mais les productions khmères n’ont pas l’air de suivre le mouvement.
Fuite des cerveaux. La cause directe vient du régime de Pol Pot. Les intellectuels étaient exécutés sans autre forme de procès. Ainsi beaucoup ont dû fuir leur pays. Certains reviennent, comme Thomas, mais ce n’est pas le cas de tous. Aujourd’hui encore, les élites partent du pays. Au départ, la perspective d’études à l’étranger permet d’imaginer un meilleur travail. Puis le mode de vie, plus moderne peut-être, finit de retenir les jeunes générations. Si celles-ci reviennent, une évolution plus rapide pourraient se mettre en place.
Cohabitation des religions. La population est aujourd’hui massivement bouddhiste. Quelques musulmans et chrétiens ont su s’installer aussi et toute la cohabitation se fait de façon pacifique. Ils ont plutôt l’habitude. Très tôt dans l’histoire du Cambodge, on a vu cohabiter deux religions : l’hindouisme et le bouddhisme. Même si l’une des deux était promue en tant que religion d’état, le respect de l’autre a toujours été présent et surtout il continue de l’être.


Autels devant/dans les maisons. C’est une tradition plutôt bouddhiste mais dans et devant la plupart des maisons on retrouve des autels devant lesquels les habitants déposent chaque jour une offrande et brûlent de l’encens. Ces autels sont dédiés aux ancêtres, pour qu’ils reposent en paix et ne manquent de rien dans l’au-delà, et servent à la protection de la maison et de ses habitants.

Escaliers. D’un point de vue architectural, la plupart des maisons en campagne sont sur pilotis. Cela prévient des inondations et des crues des rivières alentours. Mais ce qui reste particulier est la forme des escaliers. Si le reste de la maison semble assemblé de bric et de broc, les escaliers, à l’extérieur, sont ouvragés de façon plus ou moins ostentatoire. Peut-être s’agit-il d’un moyen pour montrer l’enrichissement d’une famille… Nous n’en savons rien mais ça nous a interpellés.

(Et encore, on en a vu des plus ouvragés.)

Le carburant en bouteille. Nous avons été surpris de voir beaucoup de petits commerces en bord de route proposant des carburants en bouteille. Au départ, nous avons cru que c’étaient des jus de fruit, mais ça nous avait semblé bizarre (couleur…). Le carburant est vendu au litre, plus simple et plus rapide. Il existe pourtant des stations service mais elles ne sont pas légions.

Le bus taxi/poste. Prendre le bus est plutôt facile. Mais pour les locaux, le concept de transport est poussé à l’extrême. Il n’est pas rare que quelqu’un attendant sur le bas côté fasse signe au chauffeur de s’arrêter pour rejoindre tout le monde. Ils demandent aussi à s’arrêter quelques temps après, à un arrêt qui ne correspond en rien à un abribus. Le bus devient donc un taxi. Dans le même style, il sert au transport de colis et de marchandises. On amène à la gare routière le colis à remettre avec l’adresse et le nom du destinataire et la livraison se met en place. Quelque part c’est pratique ça évite de partir à vide et ça rentabilise niveau écologie. Nous avions déjà vu ce système au Vietnam, notamment avec la livraison d’un scooter. Si, si, il rentrait dans la soute à bagages.
Plusieurs options téléphoniques. Selon ce que vous voulez faire avec votre téléphone, un opérateur téléphonique proposera un meilleur forfait qu’un autre. Plus de SMS chez l’un, plus d’appels chez l’autre… Au Cambodge, il n’est pas rare de posséder deux ou trois portables, chacun avec un abonnement différent en fonction de l’usage que vous voulez en faire. Apparemment ils s’y retrouvent mieux comme ça niveau budget.

Gourmandises khmères à l’ouest du Cambodge

Gourmandises khmères à l’ouest du Cambodge

Nous reprenons la session culinaire avec ce qui a été goûté à l’ouest du pays. Les gourmandises khmères ne changent pas beaucoup d’une région à l’autre mais on se régale toujours autant.

Les spécialités : Amoks et lok lak se sont enchaînés. C’est tellement bon et les saveurs changent selon la cuisine où vous atterrissez.

Il fallait quand même que nous testions quelques insectes. Ces grillons sont excellents, on dirait des chips. L’assaisonnement est sympa.

Le petit-déjeuner : Ce sont les éternels toasts et pancakes qui sont proposés. 

Plus simple, on peut retrouver quelques fruits et du poisson séché. Quelque part c’est sans doute plus sain aussi.

Les desserts : Nous avons eu droit à un indémodable, la glace.

Mais le plus intéressant restent les desserts locaux comme cette soupe de lait de coco chauffé avec des morceaux de bananes et de cacahuètes ! Je vous laisse imaginer l’extase des papilles.

Mention spéciale : le bambou cake ! On a adoré, c’est juste super bon.

La cuisine occidentale : Comme c’est une zone très touristique, l’ouest s’est mis à la mode et propose des tonnes de plats occidentaux. Outre les hamburgers…

… nous trouvons des cordons bleus de poulet.

Et même un restaurant mexicain !

Ce hamburger aux falafels est intéressant.

Sticks de fromage, un peu écœurant avec la friture à force.

De même nous n’avons plus l’habitude des desserts américains très gras.

Si les chips continuent de nous accompagner pendant le voyage, nous étions contents de la pause chocolatée.

Les boissons : Jus de fruits à gogo !

L’alcool de riz est excellent. Après il faut s’habituer à ce qu’il y ait des choses étranges dedans. J’ai préféré celui au cobra.

Gastronomie khmère à l’est du Cambodge

Gastronomie khmère à l’est du Cambodge

La gastronomie khmère est un petit bijou asiatique qui ravira tous les palais. Les saveurs se mélangent, ça peut être un peu épicé mais ça n’est pas obligatoire. Bref, les spécialités sont diverses et variées et il est recommandé de goûter de tout ! Bon d’accord, j’ai mis mon veto sur la tarentule grillée. Nous n’en avons pas vue en vrai mais un restaurant en proposait à Phnom-Penh.

Les spécialités : Toujours accompagné de riz, le plat est à base de viande et/ou légumes en sauce. Celle-ci souvent à base de lait de coco. Quel qu’il soit, c’est super bon. Ça a commencé avec du amok proposé au poisson (classique) ou au poulet.

Il y a le lok lak aussi, c’est du bœuf mariné. On le trouve aussi au poulet parfois.

Et des curry savoureux !

Plus classique pour la cuisine de tous les jours : un œuf, du riz et des légumes.

Ça marche aussi avec des nouilles.

Les soupes sont proches de ce que nous avons connu en Chine, inclus le gras à la place de la vraie viande.

Il n’y a pas vraiment de nom pour cette recette de poisson, cuisine maison. Idem pour les champignons.

Les desserts : Les bananes caramélisées sont un dessert fabuleux.

Durian… Attention à votre nez ! Ce fruit est très odorant mais le goût est doux et parfumé.

Ramboutans et mangoustines, des fruits que l’on trouve partout et délicieux.

La glace au lait de coco est merveilleuse.

Cuisine occidentale : Pour ceux qui voudrait changer un peu ou retrouver des saveurs plus connues, ça peut être compliqué. Pour du poulet grillé, l’accompagnement est frugal par exemple. Et le goût, c’est pas encore ça.

Les snacks : Parmi nos trouvailles, nous avons le Kit Kat Chunky Peanut Butter ! C’est pas mal.

Les petits-déjeuners : C’est un repas classique si on le prend à la khmère, soit du riz et de l’omelette. Heureusement nous retrouvons nos classiques, comme les œufs-bacon.

Les toasts et salades de fruits.

La crêpe au miel et les pancakes ! La crêpe est plus digeste soit dit en passant.

Les boissons : La bière principale est la Cambodia. Bon déjà qu’elles sont légères les bières asiatiques, là ça bat des records.

Anchor c’est pas mieux.

Il semblerait que ce soit des cidres aromatisés. Ça ne nous a pas beaucoup plu.

On a pu retrouver une bière allemande à Kampong Cham, ça fait du bien.

Les jus de fruits en revanche sont à consommer sans modération. Il faut profiter des saveurs exotiques !

Et vive le jus de canne à sucre aussi.

Ce petit thé glacé est très vivifiant après une bonne promenade.

 

Journal de séjour #80 – Artisanat de Battambang

Journal de séjour #80 – Artisanat de Battambang

Pour cette dernière journée à Battambang, nous retrouvons Ry pour la mâtinée cette fois. Premier arrêt, une ferme de crocodiles. L’élevage de ces charmantes petites bêtes est à des fins alimentaires, éventuellement de maroquinerie. Les premiers que nous voyons sont des petits bébés de quelques jours. On nous les met entre les mains. Le mien essaye de s’échapper, celui de Will ne bouge pas. En même temps il est aveugle (le croco, pas Will). Ils sont mignons, on les adopterait presque.

Sauf qu’en avançant, on en voit un de plusieurs semaines et il a déjà bien grandi. Nous remarquons que certains n’ont pas de queue ou qu’elle a été coupée. On nous dira que les œufs contiennent parfois deux crocodiles et qu’ils se battent. À l’éclosion, il n’est pas rare que l’un se soit fait bouffer la queue, un autre une patte.
Ensuite, les bassins s’enchaînent. Devant chacun, des stalles individuelles sont présentes pour les futures mamans. Les crocodiles les plus âgés servent à la reproduction et ont 10, 15, 20 ans. Il y a plus de 300 animaux dans cette ferme. Pour les besoins c’est assez sommaire. Les crocodiles s’entassent sur les bords ou flottent dans les bassins. Il peut leur arriver de se battre quand ils ont faim. Le régime se compose de poissons et de serpents. Si l’un d’eux est malade, aucun soin n’est apporté. Il survit ou part en perte sèche. Les bassins sont propres cela dit. Ils ont plutôt intérêt à les garder en forme pour la qualité de la viande et de la peau.

Nous laissons les crocodiles à leurs occupations. Il semble que tout le quartier soit dédié à l’élevage. Il y a des fermes tout autour. La concurrence est rude et le prix a pas mal chuté (la ferme récupère quand même 700$ par crocodile).
Nous repartons vers le marché aux poissons pour voir la fabrication du fromage… Tout à fait logique ! Le fromage cambodgien est en fait une pâte de poisson que l’on utilise comme condiment en cuisine. En arrivant nous voyons de grandes zones de séchage du poisson. Mais ce n’est pas celui utilisé pour le fromage. Ces grands poissons sont achetés en Thaïlande pour faire du poisson séché qu’on trouve un peu partout. Leurs arrêtes et les têtes sont broyées pour faire de la nourriture… pour poisson. Vive le cannibalisme.
Les poissons utilisés pour le fromage sont tout petits et viennent de la rivière Tonlé Sap. À Phnom-Penh, ils sont pêchés dans le Mékong. Avec Battambang, ce sont les seules villes à produire cette denrée pour le pays. Les poissons sont entreposés par paquet dans des barriques et recouverts d’eau, puis quelques jours après de gros sels… Toujours sous couvercle, ils se transforment en une pâte très odorante dont les Khmers raffolent. C’est sans doute pour cette raison qu’ils appellent ça du fromage d’ailleurs.


Après cette visite haute en fragrances, nous partons voir la fabrication des feuilles de riz, servant notamment aux rouleaux de printemps. Manque de chance, la mâtinée est nuageuse et ils ont besoin de soleil pour faire sécher les feuilles. Les fours sont donc à l’arrêt mais ça n’est pas sans rappeler la fabrication des vermicelles de riz dans le delta du Mékong.


Pour nous consoler, Ry nous emmène voir la fabrication du vin de riz. C’est une toute petite distillerie que nous voyons. Nous en profitons pour goûter deux variantes : une sucrée imbibée de fruit de jacquier et une plus forte (40° quand même) au cobra. L’idée c’est de laisser une ou deux bestioles dans la bouteille pour embaumer l’alcool. Celui de cobra est à boire avec beaucoup de modération car le venin du serpent n’a pas été retiré avant si j’ai bien compris. En tout cas il y a des traces et il est plus utilisé comme tonique pour les personnes âgées. Dommage je l’ai trouvé meilleur. Apparemment on peut trouver scorpion et tarentule dans les options de vin.


Assez sympas ces petites visites artisanales. Nous faisons l’impasse sur les killing fields, nous avions déjà eu un bel aperçu de l’horreur à Phnom-Penh. Nous repartons à l’hôtel. La chaleur ne nous permet pas de nous promener en ville. Nous retournons à l’Eden coffee pour manger et éventuellement travailler… quand la connexion nous le permet. C’est assez fastidieux en fait. Le Hoc aurait été meilleur mais ils ferment dans l’après-midi.
Nous tentons une nouvelle sortie en fin d’après-midi mais la chaleur est toujours présente et la fatigue avec. Nous nous reposons à l’hôtel avant d’aller manger au Hoc le soir.

En tout cas, on est contents d’avoir fait la connaissance de Ry. Pour notre dernier jour au Cambodge on ne peut qu’aimer de plus en plus ce beau pays. On a vraiment hâte de pouvoir revenir !

Journal de séjour #79 – Train de bambou et chauves-souris à Battambang

Journal de séjour #79 – Train de bambou et chauves-souris à Battambang

Les alentours de Battambang sont au programme du jour. Nous avons rendez-vous à 9h avec Ry, notre chauffeur de tuck-tuck. Nous prenons le temps de prendre le petit-déjeuner dans un café proche. Le Hoc est une association pour les orphelins. Ils grandissent dans une ferme et la production de celle-ci est utilisée dans le café-restaurant. Les plus grands travaillent au restaurant. Le petit-déjeuner est présenté sous forme de petit buffet où tout semble fait maison (pain, yaourt, bananes et même du poisson…) C’est très sympa et très bon.


Nous retrouvons Ry devant l’auberge et décidons de partir un peu plus tôt. Tout d’abord il nous fait faire un petit tour de la ville et des bâtiments datant de la colonisation française. Nous nous arrêtons devant la résidence royale et en apprenons un peu plus sur les photos placardées. On trouve l’ancien roi, décédé il y a 5 ans, sa femme et le nouveau roi, toujours célibataire à ce jour. Ce qui fait un peu tiquer notre guide, c’est que la reine est Vietnamienne. Il ne veut (peut) pas en dire plus mais en recoupant avec ce que nous avait dit Thomas à Kampong Cham, nous comprenons que les Vietnamiens ne seraient pas appréciés et auraient une légitimité à coloniser officieusement le pays…


Nous visitons également un temple dont l’architecture est thaïe et non pas khmère. On peut voir la différence sur les couleurs et les formes des garudas et nagas. On apprend aussi à quoi servent les stupas. Ce sont les tombes bouddhistes. On y place les ossements des défunts. Une stupa peut servir à une personne ou comme caveau de famille. Malheureusement les plus pauvres n’ont droit qu’à la fosse commune à l’intérieur du temple.
Nous comprenons un peu mieux la vie de moine aussi. Les garçons les plus pauvres choisissent souvent ce mode de vie très dur pour avoir de l’instruction. À raison de deux repas par jour et des obligations monadiques, ils vont à l’école et apprennent jusqu’à 3 langues différentes. Une fois instruits, ils peuvent arrêter leur vie de moine et chercher un emploi.


Parmi d’autres endroits, nous passons devant une statue de Naga, dite de la paix. Elle a été érigée à la place d’une autre statue datant de la guerre civile et du régime de Pol Pot. Nous sortons presque de la ville et nous arrêtons devant un Bouddha noir à l’origine du nom de la ville. Beaucoup viennent y prier pour toute raison possible et imaginable.


L’arrêt suivant est en pleine cambrousse, il s’agit d’un train en bambou. Construit pendant la période coloniale, il servait à acheminer la production des champs vers la ville et le marché. Puis les touristes ont adoré le système et c’est devenu une attraction. C’est très sympa et drôle à faire, ça ne va pas très vite mais ça reste impressionnant. C’est juste une plaque de bambous reliée à quatre roues et propulsée par un moteur. Les sièges sont deux coussins. On ne s’accroche à rien et aucune ceinture de sécurité. Il faut juste apprécier la balade à travers champs en ne regardant pas les rails qui ne semblent pas très droits (ça se sent un peu d’ailleurs). Le chemin lui est en ligne droite, pas de virage ou de looping. Un peu cahoteux, ça reste une bonne expérience.

Il n’y a qu’un seul chemin aller-retour. Nous avons souvent croisé des groupes qui allaient en sens inverse. Ils attendent sur le bas côté, leur wagon ayant été démonté. Dès que nous sommes passés, notre chauffeur nous arrête pour donner un coup de main à son collègue. Ils remontent le chariot vite fait et chacun reprend sa route.


Nous arrivons après un long trajet dans un petit village qui n’est autre qu’une succession de petites boutiques le long du rail. Des enfants font aussi du commerce, on est habitués maintenant. Au bout du village, une dame super gentille nous accoste pour qu’on vienne dans sa boutique. Elle est comme toutes les autres mais Will se prend d’amitié pour elle. Nous y prenons une boisson et la dame s’installe avec nous. Elle ne parle pas anglais mais en baragouinant un peu nous arrivons à rire. Elle prend Will en pitié à cause d’un hoquet persistant, elle va même pour lui offrir une bouteille d’eau. Après ce petit moment, nous repartons. La pluie commence à tomber d’ailleurs. À l’autre bout, on nous demande de penser au chauffeur du wagon endiablé, petit bakchich oblige. Nous retrouvons Ry et partons pour une nouvelle visite.


Il en profite pour nous montrer pleins de coins de campagne sympa, un village de pêcheurs musulman, des temples. Il nous montre plusieurs plantes comestibles en route. Il semble que les Cambodgiens mangent de tout, même des chiens, des chats, des rats… Pendant la guerre civile, la population a dû se résoudre à goûter tout ce qu’elle trouvait sur la route. Allant jusqu’à manger des grenouilles crues pour qu’aucune odeur de cuisson n’éveille les soupçons des Khmers rouges. Autrement ils pouvaient accuser le fautif d’avoir voulu voler le pays et c’était la prison assurée.

Sur une note plus joyeuse, Ry nous fait goûter un gâteau de riz cuit dans du bambou. La meilleure invention de l’année à mon sens. Le bambou sert à tout et notamment comme plat. On y insère le riz gluant avec des haricots rouge et du lait de coco. On laisse cuire le bambou pendant 3 heures et tada on obtient un gâteau savoureux et consistant.


Alors que nous grignotons notre gourmandise, nous observons de grandes chauves-souris frugivores. En plein midi, elles font la sieste à l’ombre des arbres mais nous pouvons voir pointer leurs têtes rousses de temps en temps. Aujourd’hui protégées, elles étaient aussi un plat de choix pour la population khmère.


Nous nous arrêtons au niveau de vestiges angkoriens, Wat Banan, pour déjeuner. Un petit plat de riz, du bœuf et de l’ananas en prime pour Will. Ry nous fait goûter un énième fruit du pays, très sucré.

Pendant qu’il fait sa sieste, nous grimpons les 350 marches qui nous séparent des vestiges. Ce sont 5 tours sur le modèle d’Angkor qui surplombent la vallée. L’endroit a son charme. Nous rencontrons 3 Français qui demandaient à connaître le barattage de lait que n’expliquait pas leur guide papier. Nous discutons un moment avant de redescendre.

La dernière étape de la journée se trouve aussi en hauteur. La montagne Phnom Kdong est truffée de grottes qui ont servi comme lieu d’exécution pendant la guerre civile. Aujourd’hui c’est le point d’envol de milliers de chauves-souris. Le trajet se fait à travers les rizières. Des nuages lourds de pluie s’amoncellent autour de la montagne. Heureusement le temps d’y arriver ils se sont décalés un peu.

Entre la montée vers les killing caves et le temps incertain nous décidons de nous faire monter à moto. N’étant pas rassurée par l’engin (pure inquiétude naturelle) et vue la montée, je m’accroche de toutes mes forces à la selle. Will relativise un peu plus. Au niveau des grottes, nous n’avons pas le temps d’avancer qu’un gamin nous fait la visite (texte appris par cœur). C’est vite fait d’un autre côté. Nous dépassons un temple pour voir une représentation des tortures possiblement infligées. Les statues sont vraiment horribles (pas pris de photo pour la peine). Puis nous arrivons à un escalier. Sur la gauche, une ouverture dans le vide laisse présager une belle chute. Bien vu, ils y jetaient les bébés et les enfants. En descendant l’escalier nous arrivons au point de chute et il est évident que personne n’en réchappait. Comme c’est très sombre nous ne voyons pas grand chose. Il y a juste un Bouddha pour prier les victimes et deux autels pour les ossements et les vêtements.

Nous repartons pour la suite. Un petit bakchich pour notre “guide” (il ne connaît rien d’autre que son texte). De nouveau les motos pour monter encore vers un temple à flan de montagne. Nous l’avions aperçu depuis la route. Des singes s’y promènent. Nous croisons nos trois compatriotes avec qui nous partageons quelques impressions. Malheureusement nous n’avons pas vu le chemin menant effectivement au temple. Nous avons apprécié la vue sur les champs depuis une stupa.

 

Nous faisons vite le tour et redescendons à moto vers la buvette où nous attend Ry. Nous nous installons en attendant le coucher du soleil et la sortie des dames de la nuit. Alors que le ciel s’assombrit, une flopée de petites chauves-souris insectivores s’échappe de la montagne et provoque un fleuve aérien de petits points noirs. Elles filent vers les campagnes pour se nourrir en un flot discontinu. Cela peut durer plus d’une heure. Une sortie de l’autre côté de la montagne en laisserait s’échapper sans discontinuer pendant deux heures. Au bout d’un moment nous profitons que tout le monde soit encore subjugué pour partir en tuck-tuck. Ry nous arrête en bord de champs et nous pouvons encore mieux apprécier le spectacle. Elles volent juste au-dessus de nos têtes.

Nous terminons la journée en retournant à Battambang et en réservant la mâtinée du lendemain pour le nord de la ville cette fois. Nous retournons manger au Hoc qui nous plaît bien avant de profiter d’une nuit de sommeil bien méritée.

Journal de séjour #78 – Arrivée à Battambang

Journal de séjour #78 – Arrivée à Battambang

Le départ pour Battambang approche et nous disons au revoir au personnel de l’hôtel. Ils ont vraiment été adorables et aux petits soins, nous aurions pu anticiper notre retraite ici. D’autant que l’un d’eux nous a fait un petit mot-origami nous souhaitant une bonne santé. C’est touchant.
La navette arrive et nous partons à la gare routière où nous attend le bus. 4h de route seront nécessaires pour atteindre Battambang. Une halte dans un village à mi-chemin nous fait découvrir une nouvelle saveur : le cricket. Cette charmante bestiole est grillée avec différents arômes ce qui donne un excellent apéritif, assez nutritif d’ailleurs. En sandwich avec un peu de pain, ça doit être délicieux. Je n’ai pas d’équivalent pour le goût mais il y a un côté chips.

Le trajet se passe sans encombre. L’auberge proposait de venir nous chercher gratuitement, nous n’allions pas nous en priver. Bien nous en a pris, le bus ne s’est pas arrêté en centre-ville mais en bordure dans un coin paumé. Une armée de chauffeurs de tuck-tuck attendait là et l’un d’eux a bien la pancarte de l’hôtel avec le nom de William dessus.


Ry sera donc notre chauffeur. Il en profite pour nous proposer ses services le temps de notre séjour. D’habitude nous déclinons ce genre de demande car nous ne sommes jamais fixés à l’avance sur ce que nous souhaitons voir et dans quel ordre. Nous faisons confiance aux hôtels pour ça. Mais Ry a un bon moyen de se vendre : un calepin avec les avis de ses clients. Le tripadvisor des tuck-tuck, c’est la première fois qu’on voit ça. Il nous propose également une carte avec les différents itinéraires à faire. Le temps du trajet jusqu’à l’hôtel pour nous décider et nous l’embauchons pour la journée du lendemain.
L’auberge n’est pas d’un haut standing mais c’est propre et plutôt sécurisé. La chambre est simple mais le wifi ne traverse pas la porte… Nous recherchons un café où manger et préparer notre voyage en Thaïlande.


L’Eden est au bord de la rivière, à quelques pas de l’auberge. Cuisine plutôt américaine, ça nous changera un peu. Je me prends un sandwich falafel et Will du poulet pané. C’est délicieux et très copieux. Nous profitons de la connexion pour l’après-midi.
Nous rentrons un peu tôt, toujours pour nous reposer un peu. Demain promet d’être une longue journée.

Journal de séjour #77 – Farniente et massage khmer

Journal de séjour #77 – Farniente et massage khmer

Aujourd’hui est aussi placé sous le signe du repos, cocooning même. Plus ou moins remise, je ne suis pas non plus en grande forme. Nous nous détendons tranquillement le matin. Nous avons prévu de retrouver Clémentine que nous avions rencontrée à Ho Chi Minh pendant notre tour sur le delta. À 11h nous prenons le tuck-tuck vers le centre-ville.
Nous arrivons suffisamment tôt pour retourner à l’étal de vêtements sur le marché. La vendeuse nous reconnaît et est contente de nous voir. Nous en profitons pour prendre encore quelques souvenirs. Nous revenons au point de rendez-vous et Clémentine nous rejoint bientôt.
Elle est au Cambodge en tant que bénévole dans une petite école à Phnom-Penh. De son expérience, l’éducation n’est pas aisée, ni même abordable. Les enfants restent jusqu’à leurs 6 ans, après quoi ils sont en âge de travailler. Il n’y a aucun mobilier, à peine un tableau. Les enfants apprennent, jouent et font la sieste dans la même pièce. Pour beaucoup, c’est le seul endroit où ils ont accès à une douche et une lessive. La plupart reviennent avec les mêmes vêtements. L’une d’entre eux vit chez sa grand-mère, ses parents travaillent à la campagne et envoient l’argent. Ça me rappelle ce que disait le guide de la veille. Il est plus cher de vivre en ville car le salaire part dans tous les frais. À la campagne, la plupart des légumes et de la viande est élevée sur place et n’est pas achetée. Enfin, parmi l’encadrement scolaire, le personnel n’est pas ou peu formé à l’éducation en elle-même. Une seule personne doit former le reste de ses collègues. Pas toutes les écoles sont comme ça. D’autres bénévoles ont atterri dans des standings plus proches de ce que nous connaissons. Mais les plus pauvres n’ont pas cette chance.

Nous partons sur des discussions plus légères et après un jus de fruit de rigueur nous nous avançons à nouveau vers le marché. Nous passons un début d’après-midi tranquille à nous promener en évitant des averses. Pour cela nous nous planquons dans un café. Les-dites averses ne durent que quelques minutes. La fatigue me rattrape déjà et on est obligés de raccourcir notre rencontre. Ce qui est dommage d’ailleurs car c’est encore un bon moment de passé.


Le tuck-tuck nous ramène à l’hôtel et pour me détendre nous décidons de commander un massage khmer. Une petite douche et un peu de patience, les masseuses doivent venir d’un institut externe à l’hôtel. Enfin c’est parti pour une heure de massage. Très détendant mais un peu musclé quand même. Pourtant on nous avait assuré que c’était plus doux que le massage thaï… ça n’est pas rassurant pour ce dernier. Nous sortons de là un peu groggys mais ça nous a fait du bien.
Nous décidons de manger, il est quand même 17h… Je me sens encore un peu patraque. Will décide de nous faire couler un bain dans le bassin de notre chambre. On y tient à deux sans problèmes. Par contre c’est long à remplir cet engin. Le temps que l’eau chaude remplisse la baignoire, le bain est devenu tiède et on a vu une bonne partie des gags du Palmashow sur Youtube… ça ne m’a pas aidé du coup. A savoir, Will est arrivé à flotter dans le bain, pour vous donner une idée de la profondeur et de la largeur de la baignoire. Demain c’est le départ pour Battambang, je préfère me coucher tôt.