Journal de séjour #80 – Artisanat de Battambang

Journal de séjour #80 – Artisanat de Battambang

Pour cette dernière journée à Battambang, nous retrouvons Ry pour la mâtinée cette fois. Premier arrêt, une ferme de crocodiles. L’élevage de ces charmantes petites bêtes est à des fins alimentaires, éventuellement de maroquinerie. Les premiers que nous voyons sont des petits bébés de quelques jours. On nous les met entre les mains. Le mien essaye de s’échapper, celui de Will ne bouge pas. En même temps il est aveugle (le croco, pas Will). Ils sont mignons, on les adopterait presque.

Sauf qu’en avançant, on en voit un de plusieurs semaines et il a déjà bien grandi. Nous remarquons que certains n’ont pas de queue ou qu’elle a été coupée. On nous dira que les œufs contiennent parfois deux crocodiles et qu’ils se battent. À l’éclosion, il n’est pas rare que l’un se soit fait bouffer la queue, un autre une patte.
Ensuite, les bassins s’enchaînent. Devant chacun, des stalles individuelles sont présentes pour les futures mamans. Les crocodiles les plus âgés servent à la reproduction et ont 10, 15, 20 ans. Il y a plus de 300 animaux dans cette ferme. Pour les besoins c’est assez sommaire. Les crocodiles s’entassent sur les bords ou flottent dans les bassins. Il peut leur arriver de se battre quand ils ont faim. Le régime se compose de poissons et de serpents. Si l’un d’eux est malade, aucun soin n’est apporté. Il survit ou part en perte sèche. Les bassins sont propres cela dit. Ils ont plutôt intérêt à les garder en forme pour la qualité de la viande et de la peau.

Nous laissons les crocodiles à leurs occupations. Il semble que tout le quartier soit dédié à l’élevage. Il y a des fermes tout autour. La concurrence est rude et le prix a pas mal chuté (la ferme récupère quand même 700$ par crocodile).
Nous repartons vers le marché aux poissons pour voir la fabrication du fromage… Tout à fait logique ! Le fromage cambodgien est en fait une pâte de poisson que l’on utilise comme condiment en cuisine. En arrivant nous voyons de grandes zones de séchage du poisson. Mais ce n’est pas celui utilisé pour le fromage. Ces grands poissons sont achetés en Thaïlande pour faire du poisson séché qu’on trouve un peu partout. Leurs arrêtes et les têtes sont broyées pour faire de la nourriture… pour poisson. Vive le cannibalisme.
Les poissons utilisés pour le fromage sont tout petits et viennent de la rivière Tonlé Sap. À Phnom-Penh, ils sont pêchés dans le Mékong. Avec Battambang, ce sont les seules villes à produire cette denrée pour le pays. Les poissons sont entreposés par paquet dans des barriques et recouverts d’eau, puis quelques jours après de gros sels… Toujours sous couvercle, ils se transforment en une pâte très odorante dont les Khmers raffolent. C’est sans doute pour cette raison qu’ils appellent ça du fromage d’ailleurs.


Après cette visite haute en fragrances, nous partons voir la fabrication des feuilles de riz, servant notamment aux rouleaux de printemps. Manque de chance, la mâtinée est nuageuse et ils ont besoin de soleil pour faire sécher les feuilles. Les fours sont donc à l’arrêt mais ça n’est pas sans rappeler la fabrication des vermicelles de riz dans le delta du Mékong.


Pour nous consoler, Ry nous emmène voir la fabrication du vin de riz. C’est une toute petite distillerie que nous voyons. Nous en profitons pour goûter deux variantes : une sucrée imbibée de fruit de jacquier et une plus forte (40° quand même) au cobra. L’idée c’est de laisser une ou deux bestioles dans la bouteille pour embaumer l’alcool. Celui de cobra est à boire avec beaucoup de modération car le venin du serpent n’a pas été retiré avant si j’ai bien compris. En tout cas il y a des traces et il est plus utilisé comme tonique pour les personnes âgées. Dommage je l’ai trouvé meilleur. Apparemment on peut trouver scorpion et tarentule dans les options de vin.


Assez sympas ces petites visites artisanales. Nous faisons l’impasse sur les killing fields, nous avions déjà eu un bel aperçu de l’horreur à Phnom-Penh. Nous repartons à l’hôtel. La chaleur ne nous permet pas de nous promener en ville. Nous retournons à l’Eden coffee pour manger et éventuellement travailler… quand la connexion nous le permet. C’est assez fastidieux en fait. Le Hoc aurait été meilleur mais ils ferment dans l’après-midi.
Nous tentons une nouvelle sortie en fin d’après-midi mais la chaleur est toujours présente et la fatigue avec. Nous nous reposons à l’hôtel avant d’aller manger au Hoc le soir.

En tout cas, on est contents d’avoir fait la connaissance de Ry. Pour notre dernier jour au Cambodge on ne peut qu’aimer de plus en plus ce beau pays. On a vraiment hâte de pouvoir revenir !

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